vendredi 2 août 2013

Ces femmes qui font la révolution égyptienne

Par Eros Sana 
Elles sont le visage de l’Égypte. Et l’âme de cette révolution qui secoue de nouveau le pays depuis quelques semaines. Nada, Inès, Yosra et Pasant sont présentes sur la place Tahrir, au Caire, dès que la liberté de leur peuple est en danger. Y revenant sans cesse, tant que la transition démocratique n’aura pas abouti. Rencontre avec quatre jeunes femmes qui rêvent de justice sociale, de démocratie, et d’un avenir meilleur pour leur pays.
Jeunes, diplômées, avec ou sans emploi, ces jeunes femmes ont participé à la Révolution égyptienne. Où plutôt « aux deux Révolutions », comme le souligne Inès. La première qui a entraîné la chute de l’ancien président Hosni Moubarak en janvier 2011, après trente ans de dictature. Et la seconde, le 3 juillet 2013, a provoqué la destitution de Mohamed Morsi, premier président (islamiste) élu de l’ère post-révolutionnaire. Nada, Inès, Yosra et Pasant rêvent d’une Égypte plus solidaire, avec davantage de justice sociale. Conscientes que le processus sera long. Et déterminées à se battre pour défendre cette révolution en cours.
Nada, 20 ans : « Continuer jusqu’à ce que l’Égypte soit un bon pays pour tous »
Nada, 20 ans, est sur la place Tahrir avec sa mère, sa petite sœur, son fiancé Mustafa, et un ancien militant communiste irakien de passage, venu soutenir la Révolution. Tous partagent l’iftar, le repas de rupture de jeûne du Ramadan, sous une tente où trônent plusieurs portraits : aux côtés de Nasser et d’Anouar el-Sadate, deux anciens présidents égyptiens, on aperçoit Abdel Fattah al-Sissi, commandant en chef de l’armée égyptienne, ministre de la Défense et responsable de l’intervention militaire qui a destitué le président Mohamed Morsi.
Nada paraît faussement candide, laissant souvent Mustafa, beau parleur, assurer la traduction de l’arabe vers l’anglais. Mais comme elle le dit elle-même, « elle parle peu et agit plus ». Depuis le début du mouvement révolutionnaire, elle est presque tous les jours sur la place Tahrir. Elle était là pour réclamer la chute de Moubarak, elle est revenue pour exiger la chute de Morsi. « Ce n’est pas parce qu’on s’est séparé du pire, Moubarak, que nous sommes prêts à accepter le mauvais, c’est-à-dire Morsi », explique-t-elle avec douceur et fermeté.

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