vendredi 2 août 2013

L'asile de Snowden jette un froid sur les relations russo-américaines

Le document accordant l’asile en Russie à Edward Snowden.
Le document accordant l’asile en Russie à Edward Snowden.
REUTERS/Maxim Shemetov

Par RFI
L'octroi par la Russie de l'asile temporaire à Edward Snowden a provoqué un tollé à Washington, où le démocrate Chuck Schumer est allé jusqu’à évoquer un « coup de poignard dans le dos » de la part de Moscou. Dans les journaux russes, la question des conséquences pour les relations russo-américaines revient avec insistance. Les derniers événements pourraient en effet compromettre la visite de Barack Obama à Moscou, prévue début septembre.

Avec nos correspondants à Moscou et Washington, Anastasia Becchio et Jean-Louis Pourtet


La décision de Moscou a soulevé un profond mécontentement tant de la part de l’administration Obama que du Congrès américain. Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a exprimé le sentiment des milieux politiques : « Nous sommes extrêmement déçus du fait que le gouvernement russe a pris cette décision malgré nos demandes très claires et légales, en public et en privé, de voir M. Snowden expulsé vers les Etats-Unis pour répondre des accusations portées contre lui. »

« Une gifle », selon John Mc Cain
Le sénateur républicain Lindsey Graham a demandé à l’administration une riposte ferme pour ce que son collègue John McCain a appelé « une gifle aux Américains », alors que le démocrate Chuck Schumer parle d’« un coup de poignard dans le dos ». Nombreux sont ceux qui demandent que le président Obama annule la rencontre qu’il devait avoir à Moscou avec Vladimir Poutine avant le sommet du G20 à Saint-Pétersbourg.
Jay Carney n’a pas exclu cette possibilité lorsqu’il a déclaré que le gouvernement évaluait l’utilité d’une telle visite. D’autres suggèrent aussi un boycott des Jeux Olympiques de Sotchi. Pour le président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Robert Menendez, c’est un revers dans les relations américano-russes.




Interrogations sur la visite d'Obama à Moscou
« Le président Obama pourrait ne pas arriver jusqu’à Moscou, à cause de l’ancien analyste de la CIA », écrit également le journal russe Kommersant, notant que la Maison Blanche a, pour la première fois officiellement, confirmé que l’octroi de l’asile à Edward Snowden aura une influence directe sur la rencontre prévue en septembre.
Du côté du Kremlin, on s’emploie à minimiser la portée de l’affaire, la qualifiant de trop « insignifiante » pour causer du tort aux relations entre Moscou et Washington. Dans les pages de Kommersant, le député Viatcheslav Nikonov estime que la Russie « ne pouvait pas prendre d’autre décision sans perdre la face ». Rappelant l’incident avec l’avion du président bolivien, le député Aleksei Pouchkov considère, lui, que les Etats-Unis sont seuls responsables de cette crise.

Plus d'un Russe sur deux approuve Snowden
Dans les pages de l'Izvestia, l'écrivain et opposant russe Edouard Limonov applaudit la décision de Moscou. « La Russie a agi comme une puissance sérieuse et indépendante », juge-t-il. Ce même journal publie un sondage de l’institut Levada, selon lequel plus d’un Russe sur deux approuve les activités de Snowden.
Vedomosti s’intéresse à d’autres conséquences que pourrait avoir cette affaire. Snowden s’est déjà vu proposer un travail au sein du premier réseau social russe : Vkontakte, le « Facebook russe ». Et le journal de conclure : « Vkontake a maintenant des chances de devenir l’ennemi des Etats-Unis. »

http://www.rfi.fr 

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