mardi 27 août 2013

Syrie : la presse américaine prédit une attaque brève et limitée

 
* L'Iran, contrariée par une éventuelle attaque sur les installations militaires du gouvernement Assad, pourrait choisir de fermer le détroit d'Ormuz, là où gravite 20% du pétrole mondial. L'Iran a déjà servi cette menace de fermer ce passage stratégique et il pourrait devenir le véritable "nerf de la guerre".  Sans compter les tensions diplomatiques avec la Russie et la Chine...

Le président américain Barack Obama étudie une attaque contre la Syrie qui serait brève et de portée limitée, estime la presse américaine, mardi, alors que plusieurs pays occidentaux se concertent sur une possible intervention militaire après l'attaque chimique du 21 août près de Damas.

Cette attaque en représailles à l'utilisation « indéniable » d'armes chimiques, selon les termes utilisés lundi par le secrétaire d'État américain John Kerry, ne durerait probablement pas plus de deux jours et permettrait à Washington d'éviter une implication plus grande dans la guerre civile qui déchire la Syrie depuis mars 2011, avance le Washington Post, qui cite des responsables non identifiés de l'administration américaine.

Le New York Times estime lui aussi que le président Obama - qui soupèse ses options - donnera probablement l'ordre d'une opération limitée. Citant des sources de l'administration, le quotidien croit que la marine mettra à profit ses contre-torpilleurs en Méditerranée pour lancer des missiles de croisière contre des cibles militaires syriennes.

Une intervention serait ponctuelle et ne viserait pas à renverser le président Bachar Al-Assad ni à inverser le cours de la guerre civile en Syrie, ajoute le journal.

Tard lundi, les États-Unis ont reporté une rencontre avec la Russie prévue mercredi à La Haye, aux Pays-Bas, en raison de consultations en cours sur la réponse à apporter à l'attaque chimique présumée du 21 août - report aussitôt déploré par le Kremlin.

Les alliés du régime répliquent

L'Iran a adressé mardi une mise en garde contre les conséquences d'une intervention militaire étrangère en Syrie, qui provoquerait un conflit dans toute la région.

« Nous voulons adresser une sévère mise en garde contre toute attaque militaire en Syrie qui aurait assurément des conséquences dangereuses dans la région », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. « Ces complications et ces conséquences ne se limiteront pas à la Syrie, elles engloutiront la région tout entière ».

Reprenant un argumentaire similaire, le ministère russe des Affaires étrangères a également appelé les États-Unis et la communauté internationale à la « prudence et à un strict respect du droit international », mardi.

« Les tentatives visant à contourner le Conseil de sécurité [de l'ONU], de créer une fois de plus des prétextes artificiels et infondés pour une intervention militaire dans la région vont créer de nouvelles souffrances en Syrie et auront des conséquences catastrophiques pour les autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le régime chinois a quant à lui affirmé qu'une intervention militaire en Syrie serait « dangereuse » et « irresponsable », évoquant la soi-disant présence d'armes de destruction massive qui avait justifié l'invasion de l'Irak en 2003.

« Le scénario qui est à l'oeuvre est une réminiscence des préparatifs de la guerre en Irak, lancés par les allégations des États-Unis sur des armes de destruction massive qui se sont pas la suite révélées fausses », écrit mardi l'agence officielle de presse Chine nouvelle.

Contourner le Conseil de sécurité

Si à la Maison-Blanche on s'efforce de dire que Barack Obama n'a pas encore arrêté de décision, des spécialistes des relations internationales rejettent d'ores et déjà l'idée selon laquelle une éventuelle frappe contre la Syrie nécessiterait forcément l'approbation du Conseil de sécurité.

« Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas le seul et unique gardien de la légalité et de la légitimité », relève Richard Haas, président du Council on Foreign Relations, qui prend pour exemple l'intervention de l'OTAN au Kosovo en 1999.

« Il ne me semble pas que l'on puisse appuyer l'idée que seul le Conseil de sécurité peut rendre une action légitime, car cela permettrait dans ce cas à un pays comme la Russie d'être l'arbitre du droit international et, plus généralement, des relations internationales », poursuit-il.

Pour lui, une frappe sur la Syrie pourrait trouver sa légitimité dans une « coalition de volontaires » dont les contours s'esquissent déjà.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a déclaré mardi que l'attaque chimique commise la semaine dernière près de Damas constituait un « crime contre l'humanité » qui ne peut rester impuni.

De son côté, le premier ministre britannique David Cameron a fait savoir que son gouvernement examinait une « réponse proportionnée », mais qu'il n'avait pas encore pris de décision.
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