mercredi 18 septembre 2013

Le président d’Equateur appelle à un boycottage mondial de Chevron

Le président d'Equateur, Rafael Correa, a appelé mardi à un boycottage mondial du géant pétrolier américain Chevron, en litige avec le gouvernement de Quito pour un cas de pollution en Amazonie. © AFP/Archives Rodrigo Buendia
Le président d’Equateur, Rafael Correa, a appelé mardi à un boycottage mondial du géant pétrolier américain Chevron, en litige avec le gouvernement de Quito pour un cas de pollution en Amazonie.
© AFP/Archives Rodrigo Buendia
Aguarico (Equateur) (AFP) – Le président d’Equateur, Rafael Correa, a appelé mardi à un boycottage mondial du géant pétrolier américain Chevron, en litige avec le gouvernement de Quito pour un cas de pollution en Amazonie.
« Les outils que nous allons utiliser pour combattre Chevron sont la vérité et l’appel solidaire aux citoyens du monde à ne pas acheter les produits de Chevron », a annoncé M. Correa, en lançant une campagne contre la multinationale depuis Aguarico, une localité de la province de Sucumbios (nord).
« C’est un des pires désastres environnementaux de la planète », a clamé le chef de l’Etat, exhortant aussi les actionnaires de Chevron à « ne pas être complices et à « vendre leur actions ».
M. Correa a symboliquement plongé la main dans une des mares de brut laissées à l’abandon dans cette région amazonienne et dont l’Equateur attribue la responsabilité à la compagnie Texaco, acquise par Chevron en 2001.
Baptisée « la main sale de Chevron », la campagne a aussi pour objectif d’attirer sur place des personnalités mondiales telles que des prix Nobel de la paix ou des vedettes engagées du cinéma et de la musique.
La compagnie américaine a été condamnée en 2011 par la cour de de Sucumbios à une amende record de 9 milliards de dollars dont le montant a été confirmé l’année suivante en appel, puis doublé au motif que l’entreprise n’avait pas présenté ses excuses.
Toutefois Chevron récuse cette décision et a saisi des tribunaux internationaux, invoquant l’absence de preuves scientifiques ainsi que la corruption d’un magistrat équatorien. Selon la compagnie américaine, les dégâts environnementaux ont été provoqués par la compagnie d’État équatorienne Petroecuador.
« Pour économiser quelques dollars, Chevron a utilisé les pires techniques d’extraction. Il y a près de 1.000 piscines comme celle-là dans notre Amazonie », a encore dénoncé M. Correa lors de sa visite.
« Elles n’ont jamais été traitées, seulement dissimulées sous une couche de terre pour tromper l’Etat équatorien », a poursuivi le chef d’Etat socialiste, connu pour ses positions critiques envers les États-Unis et les multinationales.
A l’origine de cette affaire, quelque 30.000 indigènes et petits agriculteurs avaient porté plainte contre la compagnie Texaco pour avoir pollué de vastes zones de la forêt amazonienne durant une période d’exploitation de 1964 à 1990.
Plusieurs riverains ont accompagné le président lors de son périple afin de témoigner des effets de la pollution.
« En 16 ans, j’ai vu mourir dix personnes, la plupart d’un cancer », affirme Wilmar Moreno, un professeur de 45 ans, en exhibant ses jambes recouvertes d’ulcères, dus selon lui à la consommation d’eau contaminée. « Texaco nous a condamné à une mort lente », s’indigne Carmen Perez, une paysanne de 61 ans.
De son côté, Chevron a réagi à la campagne lancée par M. Correa en déplorant qu’il ait « décidé une fois de plus d’interférer dans cette affaire ». Le président équatorien « offre une version tronquée et erronée de l’histoire de ces champs pétroliers et de l’auteur de ces dégâts environnementaux », a ajouté la compagnie dans un communiqué.
La condamnation de Chevron en Equateur représente l’amende la plus forte dans l’histoire du droit de l’environnement, dépassant celle de 4,5 milliards de dollars infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l’Alaska en 1989.
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