vendredi 15 novembre 2013

Du diesel de graisses animales sera bientôt produit en Picardie (attention les dérives)

ENTREPRISE - Une ligne de production de l'usine fabriquera du carburant essentiellement avec des graisses d'animaux morts et de déchets d'abattoir impropres à la consommation...

Le numéro un européen de la production de biodiesel, le français Sofiprotéol, a annoncé ce lundi le lancement d'ici 2015 d'une activité de production de gazole à partir de graisses animales près de Compiègne (Oise), via une filiale réunissant partenaires français et belge.
Une ligne de production de l'usine de Vennette du groupe, la première à avoir produit de l'agrodiesel à partir de colza au début des années 90, va être convertie afin de produire du carburant, essentiellement avec des graisses d'animaux morts et de déchets d'abattoir impropres à la consommation, a annoncé la direction lors d'une conférence de presse.
La production, qui démarrera à Venette «au plus tard début 2015, devrait atteindre environ 80.000 tonnes», a expliqué Michel Boucly, directeur de la stratégie de Sofiprotéol. Mais «une solution provisoire» utilisant une autre usine du groupe «nous permettra d'être sur le marché d'ici 2014».

 8 millions d'investissement

La société mise en place, baptisée AD Biodiesel, réunit le géant français des huiles (60%) et le belge Electrawinds (20%), spécialiste des énergies renouvelables qui a mis au point une technologie de raffinage et de prétraitement des graisses très impures utilisées dans le processus.
Quant aux graisses elle-mêmes, elles viendront de l'équarisseur Akiolis et du négociant en graisses animales Mindest, qui détiendront chacun 10% de la société. L'investissement s'élève à 8 millions d'euros.
Des huiles usagées (huiles de friture de la restauration, notamment) doivent également fournir quelques milliers de tonnes par an, a expliqué Michel Boucly.
En utilisant des déchets interdits d'emplois dans l'alimentation, le diesel de graisses animales peut se targuer d'être un agrocarburant de «deuxième génération», contrairement à la première génération, plus critiquée car elle utilise la matière comestible (colza, soja, palme pour le diesel, maïs, blé ou canne à sucre pour l'éthanol).

 140.000 tonnes de gazole par an

L'Union européenne va d'ailleurs permettre que ces carburants dits «avancés» «comptent double» pour atteindre les ratios d'incorporation dans les carburants, afin de les favoriser.
Mais le potentiel du biodiesel «animal» est limité parce que le gisement n'est pas infini. Selon Michel Boucly, la filière permettra à terme de fournir au total environ 140.000 tonnes de gazole par an, soit environ «0,35%» du marché du diesel français.
La première usine de France de ce type, construite pour le géant de la distribution Intermarché (qui exploite des abattoirs) et l'équarisseur Saria, doit être lancée d'ici la fin de l'année au Havre, avec une capacité de production d'environ 75.000 tonnes.
A Venette, l'activité «animale» remplacera une ligne végétale. Bruxelles s'apprête en effet à plafonner autour de 6% la part de la «première génération». Or Sofiprotéol avait construit des usines en vue des 10%, l'objectif européen initial, et a annoncé des restructurations de sites.
A Venette, c'est une unité de trituration, qui correspond au pressage du colza, qui sera fermée, entraînant la disparition d'une trentaine d'emplois.
  AFP

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