lundi 23 décembre 2013

Le PS récompense-t-il Édouard Martin pour avoir neutralisé la colère des salariés de Florange ?


Le Parti Socialiste a annoncé qu’Édouard Martin, responsable CFDT du site ArcelorMittal de Florange, sera la tête de la liste PS de la région Grand Est aux élections européennes de 2014. Il est sûr d’être élu et donc de toucher les 12 à 15.000 euros nets par mois d’indemnités parlementaires (selon sa participation aux séances), sans compter la rémunération mensuelle prévue pour ses futurs collaborateurs, de 21.000 euros.
Rappelons qu’Édouard Martin a soigneusement caché, aux ouvriers dont il était censé défendre les intérêts, les véritables raisons du démembrement d’Arcelor par Mittal. L’UPR rappelle que, si Mittal a pu acheter Arcelor au premier semestre 2006, c’est uniquement grâce aux traités européens qui interdisent toute restriction aux mouvements de capitaux entre les États membres, et entre les États membres et les États tiers (article 63 du TFUE).
Quelques mois avant ce funeste rachat, le gouvernement français, opposé au projet, avait voulu prendre un décret contre les OPA hostiles dans des secteurs jugés stratégiques. Il avait dû y renoncer sous la pression de la Commissaire européenne à la concurrence, Mme Neelie Kroes. Élue par personne, cette Néerlandaise très proche des intérêts industriels et financiers américains, avait d’ailleurs humilié publiquement le Premier ministre français dans une déclaration en date du 14 septembre 2005 transmise aux agences de presse pour justifier que la Commission impose le rachat à la France : « Nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisants face à la résurgence actuelle de la rhétorique protectionniste. Le risque est à la fois réel et urgent ».
Édouard Martin va maintenant s’employer à défendre la construction européenne, cause des malheurs d’Arcelor, pour le compte du Parti socialiste après l’avoir défendue pour le compte de la CFDT, membre de la Confédération européenne des syndicats, elle-même financée par la Commission européenne.
Au cours de la campagne électorale qui s’annonce, Édouard Martin va probablement promettre aux électeurs de bâtir une « autre Europe », en reprenant ainsi le slogan éculé dont tous les partis politiques rebattent les oreilles des Français depuis 1979, date du premier scrutin européen. L’UPR rappelle que toute « autre Europe » est impossible puisqu’elle devrait satisfaire l’unanimité de 28 intérêts nationaux qui divergent dans tous les domaines.
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