mardi 17 décembre 2013

L’Uruguay face aux foudres de l’ONU pour avoir légalisé le cannabis

L’Uruguay est confronté à la critique, alors que l’organisation onusienne du contrôle des drogues, venant en soutien à l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS), a tancé la nation latino-américaine pour avoir selon elle enfreint le droit international, après qu’elle ait légalisé la consommation et la culture du cannabis mardi dernier.
"L’Uruguay enfreint les conventions internationales sur le contrôle des stupéfiants avec la législation sur le cannabis adoptée par son parlement," a dit l’OICS, citant plusieurs raisons par lesquelles il pense que l’Uruguay a commis une erreur, dont les risques pour la santé associés à l’usage de cette plante, selon le site web de cet organe.

L’Uruguay est devenu le premier pays au monde à légaliser à la fois la vente et la production de cannabis. Son président José Mujica a porté cette cause à bouts de bras comme un moyen de combattre l’industrie de drogues illégales qui a décimé certaines parties de l’Uruguay.
Sous la nouvelle loi, la production de petites quantités, ainsi que les clubs de consommateurs – les deux sous la stricte supervision du gouvernement – seront également autorisés.

Le parlement du pays a passé la loi avec un vote de 16 contre 13. Le sénateur Alberto Couriel, membre de la large coalition de gauche au pouvoir, a appelé le vote de cette loi "un jour historique" pour l’Uruguay.
L’OICS, qui a réagi contre cette nouvelle mesure, est essentiellement une organisation indépendante pour la promotion de la conformité internationale avec les conventions existantes sur le contrôle des stupéfiants.
Raymond Yans, son président, faisant référence à la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, à laquelle l’état sud-américain a adhéré, a dit à Montevideo qu’il avait été "surpris" par le gouvernement "décidant sciemment de rompre avec les provisions universellement acceptées et internationalement appliquées du traité."

Ce dernier ne permet l’usage du cannabis que pour des raisons médicales ou scientifiques.
Il a également dit que la certitude longtemps entretenue que la légalisation puisse mener à une incidence réduite des crimes repose sur "des présomptions plutôt précaires et sans substance," ajoutant que la nouvelle mesure "ne protègera pas les jeunes, mais aura plutôt l’effet pervers d’encourager l’expérimentation très tôt, avaissant l’âge de la première consommation, et contribuant à… l’installation plus précoce de l’addiction et d’autres troubles."
Il doit être noté ici qu’aucune preuve d’addiction physique à la plante n’a jamais été démontrée.

Le geste de l’Uruguay mardi a aussi provoqué l’organisation de l’ONU en charge du contrôle des stupéfiants à émettre des critiques: "il est malheureux, qu’à une époque où le monde est engagé dans une discussion toujours en cours sur le problème mondial des drogues, l’uruguay ait agi en avance de la session spéciale de l’Assemblée Générale de l’ONU prévue pour 2016," a dit le porte-parole de l’organisation, David Hodge.

Le sénateur Roberto Conde du parti gauchiste au pouvoir Front Large, a dit en présentant la loi que "la guerre contre les stupéfiants a échoué," ajoutant que la nouvelle mesure est une "réaction inévitable."
L’initiative de l’Uruguay de devenir la première nation à légaliser et superviser la production et la vente de la plante est devenue une sorte d’expérience sociale qui promet d’être observée avec attention par le monde entier.
Dans toute l’Amérique Latine, les pays regardent avec intérêt, comme l’idée de légaliser les drogues douces s’étend à travers un continent troublé par des substances beaucoup plus dures et par le crime associé à leur production, leur usage et leur trafic.

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