dimanche 15 décembre 2013

Vinci révèle le scandale des concessions

C’est un article, ou plutôt quelques chiffres des Echos qui révèlent le pot aux roses, dont tout le monde est au courant. Les concessions de service public ne sont que des rentes absolument scandaleuses que l’Etat donne à des entreprises privées. A quand une remise en cause ?
Le beurre dans les épinards pour Vinci
 
Les chiffres sont extravagants et ont l’avantage de parler d’eux-même. Alors que les concessions (parkings, autoroutes, stades, aéroports) ne réalisent que 13,9% du chiffre d’affaire de Vinci (contre 85,6% pour les contrats classiques de construction), et à peine 8% de ses effectifs, elles représentent pas moins de 58,8% de son résultat opérationnel, contre seulement 38,2% pour les activités de construction  ! En clair, alors que la marge opérationnelle atteint seulement 4,2% dans ces dernières, elle atteint 39,4% pour les concessions, soit 9,4 fois plus !!! Les concessions sont la poule aux œufs d’or du groupe.
 
Mais si ces activités sont extrêmement profitables pour Vinci, cela signifie aussi que l’Etat et les collectivités négocient extrêmement mal ces contrats. Pour quelle raison faudrait-il que la rentabilité de ces activités soit tellement supérieure à celle des contrats traditionnels ? Chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite. Mais du coup, cela signifie également que les prix pourraient sans doute être baisser d’un tiers et que l’Etat ne perdrait pas d’argent si l’exploitation était restée dans le domaine public ! La privatisation des services publics a un seul bénéficiaire : les actionnaires des groupes qui les contrôlent.
 
Un problème qui grandit
Qui plus, dans le cas de Vinci, les actionnaires sont majoritairement étrangers. Donc le bénéfice des contrats que l’Etat accorde ne restent même en France. De facto, c’est exactement ce dont Joseph Stiglitz parle dans « Le triomphe des inégalités  », quand il dénonce les rentes. Le problème est que l’Etat en accorde de plus en plus. Nicolas Dupont-Aignan avait fort justement dénoncé la privatisation de nos autoroutes faite par les gouvernements Raffarin et Villepin : la cour des Comptes lui a récemment donné raison, en montrant que les sociétés qui les exploitent dégagent une rentabilité absolument colossale.
Mais ce n’est pas tout. Pour réduire le poids de la dette, l’Etat a de plus en plus recours aux Partenariats Public Privé, où des entreprises privées réalisent des missions de service public contre espèces sonnantes et trébuchantes. On a pu voir récemment toutes les limites de ce système avec l’écotaxe. C’est un cheval de bataille de Paul Roudier, militant de Debout la République cité par Marsactu, qui a calculé que le tunnel Prado Carénage de la cité phocéenne, qui coûte 2,70 euros pour 2,5 kilomètre, rapporte 61 centimes de dividendes par passage aux actionnaires, dont notamment Vinci et Eiffage.
 
Bien sûr, les entreprises doivent emprunter pour réaliser ces ouvrages, mais les taux de rentabilité acceptés par nos responsables politiques sont révoltants et montrent, ce faisant, qu’ils accordent des rentes lucratives à des groupes privées. Dans ces domaines, le privé n’apporte rien de bon.
 

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