samedi 25 janvier 2014

Confiance dans les politiques perdue : et si on faisait sans eux ?


Un nouveau sondage diffusé cette semaine (avec tout ce qu’on peut reprocher à ce genre de sondages) montre que « 60% des Français ne font confiance ni à la droite ni à la gauche pour gouverner le pays ». On pourrait se dire qu’il en reste 40 % qui leur font confiance, ou que 60 % font confiance aux autres partis… Mais ce n’est pas le cas. C’est encore bien « pire » : seulement 11% font confiance aux partis politiques, 23% aux médias et 28% aux syndicats. Autant dire que ça ne fait pas grand monde, avec toutes les marges d’erreur qu’on voudra bien y insérer.

Et pourtant des élections auront lieu bientôt, que ce soit pour les municipales ou les européennes, et plus tard les élections présidentielles. Et près de 80 % des électeurs se déplaceront tout de même alors pour aller voter : comment est-ce possible ?
Pour ma part je rêve du jour où les électeurs se mettront enfin en accord avec leurs convictions : 11% de votants, voilà qui pousserait peut-être nos gouvernants, et nos gouvernés, à envisager quelques changements institutionnels, n’est-ce pas ?

Car comment croire que la situation puisse s’inverser sans de tels changements, voilà ce que je me demande ; et question subsidiaire, comment se fait-il que la simple idée de la mise en place d’une Assemblée Constituante (sans préjuger de savoir si elle sera élue ou tirée au sort ou de ce genre de considérations), ne soit pas plus populaire, ou même tout simplement popularisée par les citoyens ?
Ce n’est pourtant pas d’une pétition dont nous avons besoin, ni d’un autre chef d’Etat, qu’il soit du PS ou de l’UMP, mais bien de nouvelles règles du jeu démocratique ; pourquoi cette évidence ne fait-elle pas recette ?
J’ai bien conscience que l’investissement en temps et en énergie pour mener à bien un tel projet est difficile à faire, mais cela reste encore une des seules activités encore gratuites ! On dirait que les citoyens désirent la démocratie mais sans prendre la mesure de ce que cela implique : un engagement de la part de chacun, une ou deux heures le week-end ou le soir, même une fois par semaine, est-ce si cher payé pour retrouver notre souveraineté (celle du peuple) ?
Créer de nouvelles institutions pour notre propre bien prendra certes du temps, et le processus qui conduit à la rédaction d’une nouvelle Constitution demande quelques connaissances du système institutionnel, mais ces connaissances sont je le crois à la portée de tous.

Seulement je me dis qu’elles ne sont ni données à entendre (offertes à un large public), ni expliquées simplement, et que la raison pour laquelle toutes les tentatives pour faire la promotion de l’Assemblée Constituante échouent se trouve plus dans cette absence de pédagogie (bien qu’Etienne Chouard ou André Bellon s’y attachent du mieux qu’ils peuvent chacun à sa manière) que dans un complot anti-démocratique.

Car c’est la force des choses qui empêche bien plus certainement ce message de passer que l’opposition du pouvoir (je serais bien curieux de savoir combien de députés connaissent Etienne Chouard- à moins qu’ils croient qu’il est un dangereux « complotiste ») et combien sont au courant de ce projet. Et en France, combien de citoyens le connaissent ?

Le problème d’internet est qu’on ne parle en général qu’à ceux qui sont déjà au courant, et de notre avis. Nous ne parlons le plus souvent qu’aux mêmes, et nous ne regardons que ceux qui nous plaisent, pendant que des univers se superposent sur la toile (le web) sans qu’ils ne se croisent jamais, ou presque.
Alors voilà :
je voudrais faire un site dans lequel on trouverait les définitions relatives à l’Assemblée Constituante, et à travers lequel on ne discuterait pas entre « initiés » (ce forum existe déjà et ne demande qu’à se développer),
mais où on répondrait aux questions des internautes, par thèmes et de manière simple, sans rentrer dans de grands discours. A force des synthèses pourraient être proposées et, in fine, une sorte de « guide du citoyen » qui servirait d’introduction et de passage vers la deuxième étape du processus Constituant, le questionnaire.

Pour cela, à aucun moment il n’est nécessaire de se soumettre à une quelconque dépendance vis à vis de l’Etat en place, et un tel projet peut ne rien coûter d’autre que du temps et de l’huile de coude… avec bien sûr une connexion internet (mais ceux qui n’ont pas cette chance peuvent sans doute compter sur leurs proches pour la leur prêter). Je vais essayer de mettre cela en place, mais il me reste encore une question a poser au lecteur : ça vous intéresse ?
Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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