mercredi 1 janvier 2014

Guérir ses blessures en soignant l'Autre

Alors que j'avais identifié une blessure vécue enfant, un manque de soutien dans un fort moment de stress, et que j'entrevoyais enfin l'adulte responsable non comme un bourreau, mais comme un instrument du destin qui, lui aussi, faisait de son mieux; m'est arrivé de voir renaître ma blessure par l'entremise d'un enfant vivant la même émotion dans une situation similaire.
Mon premier réflexe avait été de ne pas en tenir compte, habitué et convaincu par les années qu'il n'y avait pas d'intérêt à porter grande attention à ce petit stress sans répercussion directe sur sa sécurité ou sa santé. Depuis ce même âge, j'avais refoulé ce traumatisme, je m'étais adapté...
L'enfant s'éloignait, ses larmes n'avaient pas coulées, peut-être vivions nous cela comme une victoire contre la détresse... Et tout d'un coup, alors qu'il s'éloignait de nous, l'enfant ne pouvant tout retenir laissa s'échapper un léger soupir, ou plutôt une renifle-ment, comme pour rattraper cette émotion qui voulait malgré tout s'ex-primer.
L'information m'a parcouru l'échine et comme le courant qui parcourt le fil de l'interrupteur vers l'ampoule de la lampe, je compris ce qu'il se passait ! debout en une demi seconde, je savais que cet enfant tentait de refouler une forte émotion de peur et de panique, mais plus important encore, je connaissais en ma chaire toutes les complications sociales que cela impliquait, de toujours minimiser ou taire sa détresse, de ne savoir demander de l'aide, n'y croyant plus, ou que la vie est dure et que c'est irrémédiable.
Debout, je fis remarquer en une phrases très courte de quoi il s'agissait à cet adulte: "Tu vois, c'est de ça dont j'ai souffert!"
Un quart de tour vers l'enfant et je m'envolais vers lui, non à son secours, mais faire ce que j'aurais tant aimé qu'un adulte eusse fait pour moi en telle circonstance : avec lucidité, simplement l'accompagner, apaiser ce stress presque invisible, et l'inviter par la reconnaissance de ses émotions à ne surtout pas les enterrer ni les oublier car elles sont justes et saines.

Pour guérir ma peur et ma panique j'ai eu besoin de rassurer, de reconnaitre et d'apaiser celle d'un autre.
Et ça nous a fait beaucoup de bien !


J'aurais aimé savoir serrer un enfant dans mes bras... mais un pas après l'autre, j'ai encore plein de choses à guérir...

Je suis parvenu tout récemment à mettre en place un très simple et donc très puissant exercice de guérison sur la base de cette histoire et cela fonctionne il me semble pour toutes nos blessures, mais c'est à vous de voir..
Après avoir identifié une souffrance passée, il suffit de créer une phrase avec l'architecture suivante :

Pour guérir (citer une blessure personnelle), j'ai besoin de (citer ce que l'on aurait aimé que l'autre fasse ou soit)

ex :
Pour guérir mon manque, j'ai besoin de donner
Pour guérir mes peines, j'ai besoin de consoler
Pour guérir mon abandon, j'ai besoin de soutenir
Pour guérir mon impuissance, j'ai besoin de choisir
Pour guérir mon manque de foi, j'ai besoin de prouver 
Pour guérir .............., j'ai besoin de .............


à nous tous de jouer !
En bonus 2 vidéos qui m'ont douché ces derniers temps : - On n'est pas des parents formidables mais on peut essayer ! - André Stern - ...et je ne suis jamais allé à l'école

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