vendredi 31 janvier 2014

Qu’est ce que l’autorité ?


L’autorité est : un Pouvoir conféré à une personne, à un groupe humain de régir l’ensemble ou une partie du corps social, pour régler la question posée.
L’autorité peut donc être légale, l’autorité du pouvoir politique, d’une profession reconnue par un diplôme… ou informelle, c’est-à-dire pas reconnue légalement par la loi, mais par un groupe de personne comme des certificats (professionnel, spirituel….)

A l’heure ou les professeurs ont de moins en moins d’autorité, ou de plus en plus de personnes de reconnaissent plus l’autorité du pouvoir public et politique, ou des parents ont eux aussi de plus en plus de mal à exercer leur autorité, ne serait-il pas temps d’avoir chacun une réflexion sur la place que celle-ci , ainsi que de sa fonction, chez nous pour nous et pour la création de collectif ?

D’après weber et l’idéal-type de la domination/légitimité, l’autorité est un mode de domination. Et la domination, comme rapport de pouvoir impliqué par le simple fait de vivre en société, a besoin d’une légitimité. Cette domination peut être celle de la loi, celle du savoir, celle de la solidarité, de la convivialité, bref, l’autorité est un fait relationnel. On attribue de l’autorité chaque fois que l’on se soumet à un symbole, une signification, une loi, une institution, une idéologie. Par exemple, l’altermondialisme fait autorité sur moi. Je reconnais son institution, ses symboles, son horizon politique. Pour cela, il faut que cette autorité soit légitime. Mais le serpent se mord la queue (et je sors du schéma wébérien) : pour être légitime, il faut que je reconnaisse la valeur des significations, symboles, institutions proposées. Or cette reconnaissance signe ma soumission à son autorité.

Ainsi l’autorité n’est jamais acquise. Elle nécessite reconnaissance de la part des personnes qui se soumettent à son pouvoir

l’autorité est un fait relationnel. Autrement dit, que quelque chose ou une autre ait de l’autorité ne dépend que du contexte socioculturel et historique dans lequel cette chose sociale existe. C’est dire pour moi qu’on ne peut pas (beaucoup) parler de l’autorité en général, mais seulement parler de la valeur ou de l’autorité d’un quelque chose dans telle ou telle situation.

Plutôt que se demander ce qu’est l’autorité, et s’il faut reconnaître et se soumettre de manière générale devant les choses qui ont de l’autorité, il faut se demander : qu’est-ce qui a de l’autorité ? et parmi ces choses-là qu’est-ce qui nous dérange ? A partir de là, il faut manœuvrer pour ôter de l’autorité à ces choses dont nous ne voulons plus. Mais ce ne sera pas nécessairement en les attaquant frontalement, mais peut-être plus en jouant sur les termes ou les phénomènes qui confèrent de l’autorité à la chose rejetée.

Prenons maintenant un exemple fictif : Comment faire adhérer la population à la suppression d’une ou plusieurs semaines de congés payés ?

Il faut créer le monde symbolique à l’intérieur duquel cela fait sens : celui du travail comme valeur morale supérieure, celui de la mondialisation des échanges, de la concurrence internationale et de la compétition. Cela accepté (et ça l’est déjà), il faut surdéterminer l’économie et en faire la condition sine qua non d’un bien-être collectif relativement bien partagé (et accepter les dommages collatéraux de la pauvreté ou du chômage). Enfin, il faut admettre que le salut de la nation est plus important que le bien-être de la collectivité. L’autorité d’une telle loi ne serait possible que si celle-ci faisait sens comme nécessité économique pour maintenir notre rang parmi les grandes nations du monde.
L’autorité est donc à mon avis un fait relationnel, et une institution symbolique qui produit une échelle de valeur, des ordres de grandeur.

En admettant que le sourire d’autrui a une valeur (parce que Dieu l’a voulu ainsi, parce que les ancêtres l’ont décidé, parce que le poète a écrit de magnifiques lignes à ce sujet, parce que c’est rationnellement vrai en fonction de tel ou tel critère, etc.) ou que l’entraide est une grandeur, alors ces éléments feront autorité. Nous nous soumettons à tout ce qui a de la valeur à nos yeux, et nous conférons à tout cela une autorité sur nous, en ce que ces valeurs et ces grandeurs sont des horizons à suivre ou des fins en soi, et modifient notre conduite ou dictent nos comportements.

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