mercredi 12 février 2014

Entreprises : record de faillites en 2013

Cinquième année de crise et pas d’embellie en vue pour les entreprises françaises. En 2013, le nombre de défaillances est en hausse de 4 %. Les très petites entreprises (TPE) sont en première ligne.

62 500 défaillances d’entreprises en 2013. Soit 4 % de plus qu’en 2012 et un record battu : celui de la crise de 2009 et ses 61 595 faillites. Les derniers chiffres révélés par l’établissement d’assurance-crédit Coface font froid dans le dos. D’autant que les trois quarts de ces entreprises connaîtront une liquidation judiciaire. Avec une conséquence directe : près de 200 000 salariés aux portes de Pôle Emploi…

Parmi les plus grosses défaillances de l’année 2012-2013 : la liquidation de Virgin, la suppression de 900 emplois aux abattoirs Gad, le chimiste Kem One placé en redressement judiciaire depuis la fin 2012, ou plus récemment le spécialiste de l’électroménager Fagor Brandt et le transporteur Mory Ducros…

“L’année 2013 aura été, au mieux, chaotique”, confirme Thierry Millon, directeur des études chez Altarès, spécialiste de la connaissance inter-entreprises. Les grandes sociétés ne sont pourtant pas les plus nombreuses à mettre la clé sous la porte. Sur ces 62 500 défaillances, seules 560 concernent des entreprises de 50 salariés et plus.

Un tiers des coiffeurs met la clé sous la porte

“En 2013, neuf entreprises sur dix concernées par les défaillances sont des TPE”, précise Thierry Millon. Ces TPE, de “très petites entreprises” employant moins de vingt salariés, sont majoritaires dans le tissu économique français. “Des petites structures qui ont le savoir-faire, mais qui oublient que la finance fait aussi partie de leur métier”, note Thierry Million. Parmi les plus touchées : les secteurs traditionnellement appelés B2C (pour “B to C”, business to consumer) : l’hébergement-restauration (+13 %), les soins à la personne (+20 %), l’habillement (+15 %)… “Nous avons dû faire face, cette année, à une panne de la consommation des ménages, poursuit le responsable d’Altarès. Or, quand ce poste, qui représente 60 % du PIB, est en panne, c’est toute l’économie qui est à terre.” L’été a été ainsi particulièrement morose pour les coiffeurs et les instituts de beauté. “Ces secteurs ont enregistré une augmentation de 33 % de faillites.”

Autre secteur mal en point, celui de la construction. Il représente aussi un tiers des faillites et devrait être en première ligne en 2014. “22 000 défaillances sont attendues dans la construction”, précise Coface. Soit une augmentation de 10 %. “Le début de l’année 2014 s’annonce compliqué, prévient Thierry Millon. Il faut d’abord s’attendre aux 10 % de faillites supplémentaires habituelles du mois de janvier, qui interviennent après la clôture des exercices des entreprises. Il y a ensuite la hausse de la TVA, qui va faire augmenter les prix et ne va pas favoriser la consommation des ménages. Enfin, avec la perspective des élections municipales, les collectivités locales ne vont pas non plus engager d’argent.”
Un trou de 13 milliards dans les caisses des entreprises

Après la perte des clients, cause majeure des défaillances d’entreprises en période de crise, viennent les retards de paiement. Une entreprise française sur quatre fait faillite à cause de ces retards. “Moins de 31 % des entreprises françaises règlent leur fournisseurs sans retard”, note le rapport d’Altarès. Ces retards sont en moyenne de 12 jours et représentent un trou de 13 milliards dans les caisses. Là aussi, c’est dans le commerce des entreprises aux particuliers (B2C) que les difficultés sont les plus marquées : “Moins d’un restaurateur sur cinq peut payer ses fournisseurs à la date prévue sur la facture, quand 70 % des coiffeurs ne peuvent pas, non plus, payer dans les temps.”

Beaucoup d’espoirs sur la région Rhône-Alpes

La croissance à 0,6 % prévue en 2014 ne devrait guère profiter au secteur du B2C. En revanche, les entreprises orientées vers le “B2B” (business to business) voient leur situation s’améliorer. En 2009, la crise économique qui a suivi la chute de la banque Lehman Brothers a particulièrement frappé l’industrie, mais aujourd’hui la tendance s’inverse. “Même s’il y a encore des gros points de faiblesse avec l’agroalimentaire ou les imprimeurs, les postes de l’industrie sont redynamisés parce que la plupart des acteurs sont tournés vers l’international, là où les marchés sont beaucoup plus dynamiques”, explique le spécialiste d’Altarès.

L’éclaircie attendue en 2014 va donc venir des secteurs en crise en 2009. Avec beaucoup d’espoirs sur la région Rhône-Alpes. “Cette région a particulièrement souffert en 2009, concentrant parfois 20 % de faillites en plus, explique Thierry Millon. Aujourd’hui, compte tenu du fait que le B2B se redresse, ce territoire qui a une dimension industrielle forte, notamment pour la pharmacopée et la chimie, devrait bien rebondir.”

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