dimanche 16 mars 2014

États-Unis contre Venezuela : la Guerre froide devient chaude

Les analystes politiques sont attentifs à la synchronisation des efforts états-uniens pour changer les gouvernements du Venezuela, de l’Ukraine et de la Syrie. Washington veut ainsi prouver être une superpuissance encore capable de diriger le cours des événements dans différentes régions du monde à la fois et décourager ceux qui pensent lui échapper en nouant d’autres alliances. Dans cet article, Nil Nikandrov analyse la crise au Venezuela et remet les pendules à l’heure après les mensonges des médias occidentaux.
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Des manifestants « pacifiques » —et cependant masqués— préparent un cocktail Molotov lors d’affrontements à Caracas, le dimanche 2 mars 2014.
Au Venezuela, lors du récent carnaval, les poches isolées de manifestations étudiantes qui se sont tenues dans de grandes villes se sont éteintes comme par miracle. Ou, pour être plus précis, elles ont disparu dans les quartiers privilégiés de ces villes. Les organisateurs des manifestations anti-gouvernementales avaient déclaré que le carnaval n’aurait pas lieu, malgré la tradition de voyager vers les plages des Caraïbes, car « le mécontentement du peuple » avait atteint un point culminant. Juste un peu plus et le régime s’évanouirait, le président Nicolás Maduro et ses camarades s’enfuiraient à Cuba et le pays redeviendrait « une véritable démocratie ». Les manifestations ont été largement couvertes par les principaux canaux de télévision occidentaux. Puis, ce fut le silence complet. Les Vénézuéliens célébrèrent leur carnaval et se détendirent.
Le rôle majeur de guerre psychologique contre le Venezuela revient aux agences de renseignement états-uniennes. Durant toute la présidence d’Hugo Chávez, Washington a mené une intense guerre de l’information pour discréditer l’idée même d’un socialisme du 21e siècle. Chávez n’a jamais promis un succès rapide, mais sa politique sociale bien pensée a permis de réaliser beaucoup de choses. Selon les sondages d’opinion, les Vénézuéliens sont parmi les gens les plus heureux d’Amérique.
Les acquis de la révolution bolivarienne en termes de santé, d’éducation et de construction de logements à des prix abordables ont garanti à Chávez un soutien populaire. Ce front intérieur solide lui a permis de contrer avec succès les activités subversives des États-Unis, non seulement au Venezuela, mais dans l’arène internationale. L’un des points focaux de cette guerre de l’information a été la création de la chaîne de télévision Telesur avec le soutien de pays alliés d’Amérique latine, et la création subséquente de la station de radio RadioSur. Des réseaux de télévision et de radio locales ont été organisés dans tout le Venezuela, et un studio de cinéma national a été ouvert qui produit des longs métrages sur des thèmes patriotiques. Un nouveau film vénézuélien paraît sur les écrans presque chaque semaine, attirant dans le pays autant de téléspectateurs que les films d’action d’Hollywood. Des films documentaires sont également produits qui exposent la politique états-unienne en Amérique latine, y compris la saisie des champs pétroliers et l’élimination des politiciens que Washington désapprouve.
Après la mort de Chávez, la propagande de guerre contre son successeur —Nicolás Maduro— s’est intensifiée. Washington a décidé que le moment opportun était venu de renverser le régime. Il a mobilisé tout son arsenal de déstabilisation —des paramilitaires colombiens infiltrant le pays pour mener des attaques terroristes jusqu’au sabotage économique et financier et à l’utilisation de réseaux sociaux sur Internet—.

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