dimanche 30 mars 2014

J’ai plaqué vie à Paris, sac Vuitton et iPhone pour vivre dans la jungle, en Équateur

Tout laisser tomber pour changer de vie. Pour beaucoup, c’est un rêve. Un rêve, qui peut parfois devenir réalité. Sur un coup de tête, Ambre Franrenet, directrice marketing et communication à Paris, a fait le grand saut. Malgré ses doutes et la réticence de certains de ses proches, elle a suivi son compagnon en Équateur. Témoignage.


Ambre a décidé de changer de vie en rejoignant Sébastien, son compagnon, en Équateur (DR)

Pendant des années, j’ai couru. Couru après le temps, le boulot. J’ai décidé de tout lâcher pour m’installer en Équateur.

Un changement de vie radical. La preuve que tout est possible, et qu’on peut choisir sa vie.

J’ai pris ma décision sur un coup de tête

Je vivais à Paris. Je travaillais depuis plus de dix ans comme directrice marketing et communication dans des agences de mode et de publicité. J’étais en pleine progression professionnelle quand une rencontre a changé ma vie : Sébastien. Lui vit en Équateur et passait alors ses vacances à Paris.

Nous avons été frappés par le coup de foudre ! Celui qui vous tombe dessus sans crier gare. Cette électrocution d’amour que l’on ne peut ni expliquer, ni contrôler, mais qui vous envahit.

Sébastien m’a demandé si je voulais le suivre en Équateur. Plutôt que de trop réfléchir à ce que je laissais à Paris, j’ai préféré penser à ce que l’amour promet dans une vie. Et j’ai foncé.

J’ai pris ma décision sur un coup de tête, mais ce genre de départ exige quand même un minimum d’organisation : prévenir ma famille, mes proches, quitter mon travail, rendre mon appartement, faire mes cartons… Ne pas me retourner.

Les doutes m’ont suivie jusqu’au départ

Bien sûr, j’ai douté. Surtout quand je me suis retrouvée dans mon appartement vide, face à mes sacs, j’étais étourdie, sonnée. J’entendais ce petit diable sur mon épaule : « Tu es vraiment sûre d’avoir fait le bon choix ? Tu es complètement folle de quitter ton boulot, ta vie parisienne, ta famille… Tout ça pour un inconnu rencontré quelques fois ».

Mais sur mon autre épaule, j’entendais l’ange me répondre : « Il n’y a pas de mauvais choix ! Qu’est-ce que tu risques ? D’être heureuse ? Alors vas-y, fonce ! ».

Ces questionnements, ces doutes, m’ont suivie jusqu’au départ. Sans compter les bonnes copines qui vous font culpabiliser, en soulignant que je faisais un choix égoïste vis-à-vis de ma famille, ou qui enfoncent le couteau de l’absence.

La transition a duré deux mois, entre le moment où je me suis dit « fonce » et le jour où je suis partie m’installer en Équateur. Deux mois de séparation puisque Sébastien, lui, était retourné chez lui, en Équateur. Les jours qui ont séparé notre rencontre et nos retrouvailles n’ont pas été simples à traverser. J’ai remercié mon cœur d’être bien accroché et mes nerfs de ne pas m’avoir lâchés en cours de route.

Deux mois pour tourner une page de ma vie de parisienne, une vie un peu dingue dans cette ville incroyable qui ne dort jamais, pour en rouvrir une nouvelle, en Équateur, dans une petite bourgade du nom de Misahualli, avec ses 900 habitants. Et tout ça sans jamais avoir franchi l’Amérique Latine auparavant !


J’ai laissé mon téléphone de côté

Quand je suis arrivée à l’aéroport de Quito, en janvier 2013, je me suis sentie une femme nouvelle. Comme dans une autre peau. Comme si la vie m’offrait une autre chance, dans ce pays pourtant inconnu, avec ses habitants tout aussi inconnus parlant une langue que j’avais oubliée.

Avec un détail qui en dit long sur notre rythme de vie effréné en France : l’iPhone. Mon iPhone qui vibrait tout le temps dans ma poche, entre les mails, notifications de mes amis Facebook, l’alarme matinale qui sonnait chaque jour… Mon téléphone, je l’avais laissé de côté. Autant dire que, dans une certaine mesure, je me sentais nue. Mais tellement mieux !

Aujourd’hui je vis dans une maison spacieuse, en bois, plantée au milieu de 64 hectares de jungle amazonienne (qui n’a rien à voir avec la faune parisienne). Je me réveille à l’aube, avec le chant des oiseaux et je me couche avec plaisir de bonne heure.

Finies les soirées à bosser, les apérobics entres copines, les vernissages et autres mondanités parisiennes. Adieu mes talons de 12cm, mon sac Vuitton et mon téléphone greffé à l’oreille.

Prendre le temps de vivre : voilà le grand changement de ma vie. Je renoue avec la notion de plaisir.

J’ai appris à me voir autrement

Moi qui étais partie avec l’appréhension de trouver les journées longues (ayant eu l’habitude d’une vie bien – trop – remplie), je me suis rapidement adaptée à mon nouveau rythme de vie.

Je prends le temps d’écrire, entre mon blog et un premier roman, « Et si le bonheur se cueillait en Équateur ? ». Je me suis remise à peindre, alors que j’avais abandonné cette activité au lycée. Ces moyens d’expression m’ont permis d’explorer mes peurs, mes parts d’ombre, de me renforcer mais aussi de m’ouvrir. Ce temps que j’ai pris pour moi, enfin, m’a permis de me voir autrement.

Je travaille, aussi, mais toujours autour de cette notion de bien-être. J’aide Sébastien à créer des séjours à thèmes, autour du bien-être justement. Et je travaille sur un projet de cosmétiques basés sur les plantes et les connaissances ancestrales de la population locale. J’y fais participer les communautés avoisinantes.

J’ai ainsi appris à laisser mourir ce qui doit mourir. A abandonner des habitudes qui n’avaient plus lieu d’être, celles qui nous maintiennent dans une zone de confort et nous empêchent d’avancer. Cette philosophie de vie m’a aidée à affronter la mort de mon père, cette même année 2013, qui m’a bouleversée et fait renaître en même temps.
  
J’ai réveillé avec la femme sauvage qui était en moi

L’amour et la nature : voilà les deux remèdes qui m’ont permis de construire cette nouvelle vie et qui m’ont rendu plus forte que jamais. Ce sont certainement les aliments les plus sains pour notre âme.

Alors évidemment, ma famille et mes amis me manquent. Je ne vois pas ma nièce grandir, je n’ai pas le même réseau amical qu’en France. Mais grâce à Internet et à mes allers-retours fréquents, je garde le lien. Et puis je me fais de nouveaux amis, je me construis un nouvel entourage auquel je suis très attachée.

Finalement, je peux dire aujourd’hui que je me suis reconnectée avec la femme sauvage qui sommeillait en moi. Vivre entourée d’amour et de nature me fait sentir plus vivante que jamais !
Source : Le Nouvel Obs

1 commentaire:

  1. félicitations pour votre courage mais je pense que l'amour a fait le principal !
    J'aimerai faire pareil mais suis freinée par les finances !
    bonne chance
    cordialement
    Daniele

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