mercredi 26 mars 2014

Le Général Breedlove aux pays de l’Europe de l’Est : sauve qui peut !


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Le Général américain quatre étoiles Philip Breedlove a été autorisé à parler pour la première fois depuis la crise ukrainienne. Et il a étonné tous ceux qui se sont intéressés à ce qu’il a dit.

Breedlove qui est le commandant suprême de l’OTAN en Europe (SACEUR), a confirmé la déconnexion complète des troupes ukrainiennes de leurs centres de commandement et de contrôle, menée avec succès par les Russes, grâce à la nouvelle génération de systèmes de brouillage et cyber attaque. Une opération qui neutralise définitivement n’importe quelle armée, la transformant automatiquement en une sorte de punching-ball, et la cueillant sans qu’elle soit en mesure de combattre. Jusqu’à présent, seule l’armée américaine a été en mesure de réaliser, à cette échelle, une telle opération.
À propos de cette réalité, désormais incontestée par les autorités et généraux américains, j’en avais parlé dans un précédent article. J’y décrivais en détail la méthode « soft » de de l’armée russe, qui consiste en l’utilisation massive des systèmes C4I, en particulier les installations de mémoire, des microprocesseurs et des équipements de communication par satellite. Tous ces systèmes C4I sont coordonnés par des serveurs dédiés, avec une  puissance de traitement de la dernière génération, le tout sécurisé par un cryptage numérique sur toute la largeur du spectre de fréquences. Le résultat de cette opération est que tous les écrans des canaux de recherche-détection de toutes les catégories de forces armées ukrainiennes ont commencé à jouer tout seuls à  » Age of Empire « , indiquant une invasion à grande échelle inexistante, créant ainsi des vulnérabilités létales pour l’armée ukrainienne.
Dans la foulée, l’opération russe à proprement parler aurait pu se transformer en une manœuvre d’occupation de l’Ukraine. Poutine a préféré s’abstenir de concrétiser l’avantage que lui fournissait leC4I pour l’occupation de l’Ukraine. En se limitant au rattachement de la Crimée à la Russie, il envoie à l’OTAN un message clair. À savoir que les troupes américaines actuellement stationnées en Europe et ses alliés occidentaux ne pourront pas non plus faire face. Les Etats-Unis se retrouvent dans une situation où ils doivent prendre une décision désagréable : soit déplacer de nombreuses troupes supplémentaires de l’ouest du Pacifique à l’Europe, laissant l’initiative à la Chine sur le théâtre d’action de l’ouest du Pacifique, soit restreindre le champ d’action des troupes américaines stationnées en Europe. Dans le second cas, le parapluie de l’OTAN ne couvrira qu’une petite partie des Etats membres en l’Europe.
Le fait qu’un professionnel redoutable comme Breedlove ne mentionne rien dans son discours, même en passant, à propos de l’intention du déploiement des troupes américaines en Europe comme une solution pour contrer les Russes, c’est d’une gravité absolue. C’est une reconnaissance du fait que la Russie a maintenant une force militaire extrêmement bien préparée, prête n’importe quand pour une action beaucoup plus importante que celle de Crimée, n’importe où en en Europe. A partir de cette réalité, la conclusion du Général suggère quelque chose comme : sauve qui peut. Cela veut dire, le redéploiement et la restructuration du dispositif actuel de l’OTAN aux fins de le réduire strictement dans les limites de la «vieille Europe », laissant la main à Poutine pour presque tous les anciens pays communistes d’Europe de l’Est, sauf la Pologne et les pays baltes.
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Breedlove a démontré, sans le moindre doute, que l’OTAN n’a pas de solution, ni n’a fait une analyse approfondie de la situation pour savoir : à qui la faute ?
  1. Le coupable est-il à chercher dans l’économie russe qui a été en mesure de fournir des fonds énormes pour le développement de l’industrie de la défense ?
  2. Ou est-ce le fait que la Russie s’est intéressée à stimuler l’intelligence créative au sein de son intelligentsia technique, contrairement aux pays d’Europe orientale, où les valeurs authentiques font cruellement défaut ?
  3. Si ce ne sont pas les  États-Unis, ce  sont peut-être les conditions imposées aux nouveaux états membres de l’OTAN en Europe de l’Est les obligeant à renoncer à la mission de défense des territoires nationaux, annulant les techniques de combat de haute complexité qui étaient en place ?
  4. Si ce n’est pas des États-Unis, ce  pourrait être l’obligation faite aux nouveaux états membres de l’OTAN en Europe de l’Est de restructurer leurs forces armées pour servir exclusivement comme des troupes d’occupation dans des aventures américaines dans l’ex-Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan ?
Par Valentin Vasilescu, pilote d’aviation, ancien commandant adjoint des forces militaires à l’Aéroport Otopeni, diplômé en sciences militaires à l’Académie des études militaires à Bucarest 1992
Traduction Avic 

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