jeudi 10 avril 2014

Elu à l'Académie Française, le "philosophe" Alain Finkielkraut est probablement l'intellectuel français le plus sceptique sur les progrès induits par Internet pour l'humanité.



Jeudi, l'Académie Française a fait d'Alain Finkielkraut un immortel. Le philosophe de 64 ans a été élu au premier tour par 16 voix contre 28, faisant ainsi son entrée dans la prestigieuse institution fondée il y a bientôt quatre siècles, en 1635. Et il ne fera pas déshonneur à l'image volontairement réactionnaire de l'Académie — ce qui d'un certain point de vue est sans doute utile, voire nécessaire, pour apporter une réflexion contradictoire à une société moderne qui ne prend plus le temps de prendre son temps et qui accueille toute évolution technologique et sociétale comme à la fois inexorable et progressiste.

Dès l'éclatement de la première bulle Internet, en 2001, Alain Finkielkraut avait publié avec Paul Soriano un ouvrage intitulé "Internet, l'inquiétante extase" (chez Mille et une nuits), dans lequel il prenait le contre-pied du discours ambiant sur les évidents bienfaits de la mise en réseau des être humains, et de la liberté offerte par le Net. Une "fatale liberté", prédisait-il, en craignant que l'homme ne se rende paradoxalement esclave de ses instincts de libertés — un discours alarmiste auquel on peut donner un certain crédit en voyant le milliard d'êtres humains qui confient leur vie privée à une entreprise privée comme Facebook.
Mais depuis la publication de cet ouvrage, encore raisonnable, Alain Finkielkraut a multiplié les sorties parfois les plus absurdes et non argumentées contre Internet, en particulier dans les médias. Il refuse d'y moindre le moindre apport à l'humanité, si ce n'est dans la rapidité qu'il offre notamment aux chercheurs et aux universitaires pour compléter leurs travaux.

"Pour moi, Internet c'est une malédiction" avait-il ainsi résumé sur BFM TV en janvier dernier, fustigeant une prétendue liberté totale offerte par le réseau mondial (ce qui était peut-être vrai dans les années 1970 et 1980 mais qui l'a été beaucoup moins à partir des années 1990). "Il est interdit d'interdire, on le voit sur Internet. Alors qu'a contrario, l'Etat de droit, c'est un état où il est permis d'interdire" :

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