vendredi 4 avril 2014

Lire, écouter, boire ou manger les médias traditionnels peut provoquer des maladies graves.

Pendant les turpitudes politiques, la campagne de diabolisation de la cigarette électronique continue. Cent fois moins toxique que le tabac – sur ce point, les spécialistes sont unanimes – mais attention, appel à toutes les voitures, ouizzz ouizzz (bruit de sirène) : des malheureux qui se sont avisés de boire le liquide nicotinique ont été malades comme des chiens. Je répète : des malheureux, des innocents qui s’étaient servi une rasade du « produit qui fait de la vapeur » ont été retrouvés gisant dans la rue, les yeux révulsés, les boyaux à l’envers, dégouttant. Et voilà le travail ! Bravo la cigarette électronique !

Mais l’horreur atteint son paroxysme lorsque nous apprenons qu’un enfant, un pauvre enfant seul et abandonné, qui sifflerait une grande cuillerée de ce produit satanique périrait dans d’atroces souffrances… Alors là, c’en est trop ! Quand on sait que la même quantité d’Ajax WC, de somnifères ou de débouche-évier laisse le petit n’enfant au top de sa forme, on a les cheveux droits sur la tête.

À cette campagne de salut public, Boulevard Voltaire tient à apporter sa contribution en dévoilant une étude qui démontre de manière éclatante que « manger le chargeur de batterie peut entraîner de graves troubles digestifs ». Sur cent fumeurs, seuls trois ont survécu. Un rapport accablant. Une hécatombe. Nos condoléances aux familles.

À ce stade du n’importe quoi, il semblerait que la propagande anti-vapotage soit à bout d’arguments. Défaits, déprimés, les marionnettistes de cette campagne raclent les fonds de tiroir : le liquide, les enfants, le loup, la mère-grand… Tout peut servir. Tous les ressorts sont essayés.

Les saveurs chatoyantes de ces e-liquides sont accusées d’attirer la jeunesse. Phénomène paradoxal : le parfum « fraise Tagada » de certains produits vaisselle les laisse indifférents. C’est inouï.

Dans le même élan de catastrophisme, ladepeche.fr titre gaillardement : « La cigarette électronique ne favoriserait pas le sevrage tabagique. » Ah ah ! Qu’est-ce qu’on vous avait dit ? Une étude portant sur 949 fumeurs encore vivants démontre que… mais ne démontre rien du tout, puisqu’en toute fin d’article les « scientifiques » avouent qu’il n’y avait que 88 utilisateurs de cigarettes électroniques sur les 949 testés. Ce détail qui ne permet donc aucune observation de quoi que ce soit n’empêche pas La Dépêche d’y aller de son titre suspicieux.

Dans cette affaire, les médias officiels se font, comme à l’accoutumée, les perroquets des lobbys et des puissants. Les mises en garde dérisoires sont restituées à l’identique, sans aucun regard, analyse ou esprit critique. À coup de messages inquiétants voire quasi subliminaux, le fumeur est incité à préférer la cigarette traditionnelle pourtant infiniment plus dangereuse. D’où la conclusion qui s’impose : lire, écouter, boire ou manger les médias traditionnels peut provoquer des maladies graves.

boulevard voltaire

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