jeudi 1 mai 2014

L’abstention aux européennes : une fleur pour les européistes ?

 
Alors que les deux mouvements se réclamant d’un nouveau Conseil national de la Résistance et souhaitant la sortie de l’UE/euro/OTAN ont choisi des stratégies différentes concernant l’enjeu majeur des prochaines élections européennes, un débat passionné s’est engagé sur Internet.


D’un côté l’Union Populaire Républicaine (UPR), qui présentera des candidats dans les 8 circonscriptions, et de l’autre ceux en faveur d’un appel au boycott militant soutenu par le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE). On peut d’ores et déjà regretter une telle division au sein de cette mouvance, encore très minoritaire en politique, mais à y regarder de plus près elle exprime en réalité deux visions qui ne semblent pas pouvoir s’accorder.

 Une divergence de fond.

Des discussions avaient été entamées dans l’objectif d’un rapprochement entre l’UPR et ce qui deviendra plus tard le CNR-RUE. On se souvient notamment de l’intervention du porte-parole du M’PEP, Jacques Nikonoff, à l’université de l’UPR suivie de l’intervention du président de l’UPR, François Asselineau, à l’université du M’PEP. Des réunions internes ont eu lieu et on a cru pendant quelques semaines qu’une alliance était possible entre ces mouvements. Cependant aucun projet commun n’a finalement pu émerger de ces rencontres.
En fait, cela peut s’expliquer par ce qui me semble être la différence majeure entre l’UPR et le CNR-RUE : une conception différente qu’ont ces deux mouvements de ce que doit être le Conseil national de la Résistance version 2014.
Pour le CNR-RUE, le nouveau CNR doit être, comme l’ancien, une union de partis politiques de tous bords luttant pour un but commun. Cette démarche est noble car elle permet de donner à cette identité supra-partisane la légitimité de tous les partis qui la composent, et lui procure d’emblée une base militante. On peut cependant leur opposer un problème de taille : aujourd’hui il n’y a aucun parti « grand public » qui soit véritablement pour la sortie de l’UE. Et le CNR-RUE représente environ 1 500 adhérents, en étant large, ce qui est insuffisant pour donner à cette alliance un début de légitimité auprès des Français.
On pourrait aussi leur opposer un autre problème inhérent à leur conception d’un nouveau CNR : toutes les structures de rassemblement de plusieurs mouvements, ou mouvances, connaissent des conflits internes relatifs aux divergences d’idéologies et aux rivalités multiples. On en voit actuellement un exemple au sein du Front de Gauche dans le cadre des municipales entre le Parti Communiste Français et le Parti de Gauche, mais on peut aussi penser aux conflits internes qui sont permanents au Parti Socialiste et à l’UMP, et qui ont transformé ces deux mouvements en clones euro-atlantistes sans vraie ligne politique.
La vision de l’UPR est radicalement différente et il faudra avoir à l’esprit en lisant ce qui suit que de celle-ci en a résulté ses deux documents fondateurs que sont les statuts du parti et sa Charte fondatrice. Bien que reprenant le programme du CNR de nos aïeux, l’UPR n’en garde pas la forme.  Constatant que les principaux mouvements existant (UMP-PS-FDG-FN-NPA-LO-EELV-MODEM-UDI) ne sont en réalité que des partis (alter-)européistes, ils ont imaginé que ce nouveau CNR serait un rassemblement de citoyens et non plus une coalition entre partis. Néanmoins, la possibilité d’adhérer à l’UPR existe dans le cas où une association ou un parti souhaiterait  se « greffer » au mouvement. Les cinq critères indispensables à la constitution d’une telle alliance ont été présentés par François Asselineau lors du Forum Démocratique du lundi 8 octobre 2012. Le parti (ou l’association) qui souhaiterait rejoindre l’UPR doit s’engager à respecter sa charte fondatrice, document rédigé pour permettre le rassemblement des Français autour d’un programme calqué sur celui du CNR de 1944. En voici un extrait :
« Il en découle que l’UPR est le parti qui a décidé de ne pas se laisser entraîner dans des débats accessoires lorsque l’essentiel est en jeu. Les adhérents de l’UPR restent ainsi libres, s’ils le souhaitent, de se déclarer – en dehors des instances du mouvement – en faveur de telle ou telle option économique, fiscale ou sociale, ou de telle ou telle philosophie sur les sujets de société. Mais, pour rester cohérents avec la présente Charte, ils se font un devoir constant de rechercher, préciser et exposer quelles sont les instances françaises ou étrangères qui décident des sujets qu’ils abordent et quelles sont en conséquence les possibilités réelles, pour eux-mêmes et leurs interlocuteurs, d’influer sur ces sujets. En outre, les adhérents de l’UPR admettent comme un principe essentiel que l’UPR n’est pas le lieu où ces questions accessoires doivent être abordées, sauf lorsqu’il s’agit de démontrer l’impuissance des instances nationales. Ils veillent ainsi à ne pas introduire au sein du mouvement de motifs de division aussi nuisibles que sans objet. »
On voit ici ce qui oppose principalement ces deux mouvements : l’un est un rassemblement de Français au-dessus des clivages politiques traditionnels, tandis que l’autre est une association de mouvements très confidentiels et située essentiellement à la gauche de la gauche de l’échiquier politique.

Problème d’égo ou malentendu ?

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