lundi 7 juillet 2014

Le scandale d’espionnage américain continue

Kommersant
L’arrestation d’un employé du Service fédéral de renseignement allemand (BND) et son aveu sur la transmission de données secrètes au services américains, menace de compliquer considérablement les relations de Washington avec son partenaire-clé en Europe, écrit lundi le 7 juillet le quotidien Kommersant.
Le dégât réel pour les rapports germano-américains sera quantifiable dans les jours à venir, suite aux réactions officielles des deux parties.
La CIA, la NSA et le Pentagone ont indiqué au journal russe Kommersant qu’ils n’avaient aucune information sur cet agent du renseignement allemand. Le service de presse de la Maison blanche a fait silence également, prenant pour prétexte le "week-end prolongé" - les États-Unis fêtaient vendredi 4 juillet leur Jour de l’Indépendance - et souligné que certains commentaires pourraient apparaître "au début de la semaine".

Les hommes politiques allemands ont critiqué sévèrement Washington. Ainsi Christian Flisek, leader du groupe des sociaux-démocrates au Bundestag, a déclaré que les informations sur la poursuite de l’espionnage américain contre l’Allemagne pourraient être considérée comme une "atteinte à la démocratie parlementaire" et a promis des répercussions sur la "coopération des services de renseignement et le partenariat des deux pays dans le domaine politique".
Suite aux révélations de l’année dernière par l’ancien employé de la NSA Edward Snowden, qui avait évoqué la création par les services américains d’un réseau d’espionnage numérique et leurs écoutes téléphoniques de la chancelière Angela Merkel, les députés du Bundestag ont formé une commission spéciale destinée à éclaircir l’envergure de la surveillance américaine sur les citoyens allemands. Les autorités du pays ont parallèlement proposé à Washington de signer un accord sur l’arrêt total de l’espionnage mutuel - les États-Unis n’avaient conclu des traités similaires qu’avec cinq pays. L’Amérique a pourtant refusé cette offre après plus de six mois de négociations. Le seul résultat de ces pourparlers a été la promesse de Barack Obama de limiter les activités des services américains. Les États-Unis ont toutefois laissé comprendre que cela ne concernait que les téléphones d’Angela Merkel - les autres officiels allemands restant des "objets légitimes de surveillance".

Les négociations sur la coopération des services allemands et américains continuent, la question principale de l’agenda résidant dans le volume des informations que seraient en mesure d’échanger les renseignements des deux pays. Mais ce nouveau scandale "menace de démanteler tout le travail accompli visant à rétablir les relations bilatérales", a fait remarquer au New York Times une source anonyme au sein de l’administration américaine.

Selon des données non vérifiées, cet employé du BND a attiré l’attention du service allemand de contre-espionnage après avoir tenté de contacter l’ambassade russe à Berlin. Le Parquet général a indiqué que le suspect avait été arrêté mercredi par les policiers et présenté jeudi au tribunal de Karlsruhe. Il a été mis en examen pour "activité de renseignement sans consentement des supérieurs". Pendant son premier interrogatoire l’accusé a dit qu'il travaillait depuis deux ans pour la NSA. Il aurait transmis des documents top secrets, notamment des informations sur le fonctionnement de la commission parlementaire pour l’étude de l’activité des services américains en Allemagne.

Ayant appris cette nouvelle jeudi matin, Angela Merkel n’a pourtant pas évoqué ce sujet lors de sa conversation téléphonique avec Barack Obama le soir même. Le Bundestag s’est également abstenu d’examiner ce scandale malgré l’organisation, à la fin de la semaine dernière, d'auditions sur l’activité illégale de la NSA réunissant plusieurs anciens agents américains. Selon Hans-Christian Ströbele de l’Alliance 90 / Les Verts, qui a participé à la rencontre avec Edward Snowden à Moscou à la fin de l’année dernière, les députés attendent une confirmation officielle de l’arrêt de l’espion et une réaction de Washington.

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