lundi 15 septembre 2014

La guerre est en fait totale et personne n’a l’air de s’en soucier

(Source : Facebook – Elliaz)
Quelle est la réalité de notre existence ?
Rien que ces mots font fuir 80% des gens.

Et, du coup, ils ignorent que nous sommes en guerre.
Certains l’ont écrit bien mieux que je ne saurais le faire et ils ont été mis en prison pour cela.

Lorsque des marcheurs pacifiques se font matraquer dans notre capitale alors qu’ils se rendent dans un autre pays, que penser de l’état d’esprit moyen de ceux qui se sentent mis en danger par cette marche.
Quand des études sont faites pour tenter de discerner la délinquance dès l’âge de trois ans et que des professeurs sont tenus de remplir des fiches concernant des enfants, que penser de l’état d’esprit de ceux qui rédigent ce genre de loi ?
Quand la nécessité du Pouvoir pour se réaliser soi-même devient le principal moteur d’une société, pourquoi ne pourrait-on pas légitimement penser que c’est dû, non à une réalité naturelle, mas à une réalité induite par des générations de comportements allant en ce sens ?

Oui, nous sommes en guerre. Du moins nous devrions concevoir ainsi la réalité de notre existence afin d’y adapter un mode de réponse à hauteur des nécessités.
La totalité des biens et services nécessaires à la survie dans la dignité sont en possession de firmes marchandes.
Et on trouve cela normal. On estime que c’est la logique même de la nature humaine que de devoir payer pour avoir le droit de manger, de se loger, de s’instruire, de se soigner, de se divertir, de pouvoir rencontrer d’autres personnes.
Tout est soumis à la sélection par le pouvoir d’achat.
Et là où c’est possible sans payer et bien cela tombe dans l’illégalité.
Il est interdit aux directeurs de supermarchés ou de petits commerces de donner de la nourriture. Il devient même illégal de fouiller dans les poubelles. Il est illégal d’investir un bâtiment vide pour s’y protéger des intempéries, il est même devenu interdit de vivre dans un véhicule, ou dans un habitat de type traditionnel sur un terrain qui vous appartient pourtant au regard de la loi.
Il est interdit de télécharger des livres ou de la musique ou des films.
Il est interdit de faire appel aux remèdes anciens pour se soigner et il devient interdit de fabriquer des médicaments si on ne paie pas des droits à un détenteur de brevet sur une molécule.
Il est interdit de se réunir à plusieurs au pied des immeubles, tout comme il peut être interdit de se réunir à plusieurs sur les places centrales de communes, si un dépositaire de la loi le décide.
Il est interdit de circuler à travers les pays si tu n’as pas le bon papier en poche, alors qu’à côté de cela une intense idéologie est à l’œuvre depuis trente ans pour que les marchandises et les capitaux soient, eux, libres de circuler sans retenue ni règlementation.
Il est interdit de s’opposer à un abus de pouvoir d’un représentant de la loi. Tout comme il est interdit de refuser d’être fiché (prélèvement adn, carte d’identité biométrique obligatoire, et tant d’autres exemples encore).
Il est interdit d’avoir des idées, en fait.

Bref, oui, on est en guerre.
Et 80% des gens se refusent à lire ces mots.
Les 20% restants ont encore à en comprendre le sens profond, c’est à dire à envisager de manière empathique ce que cela représente dans la mesure où ça ne les atteint pas.
Diviser pour mieux régner est une maxime pleine de sens. Nous sommes divisés en tout premier lieu à l’intérieur de nous-mêmes ; coupés des fondements de ce qui fait de nous des humains. Le respect, le caractère altruiste des rapports entre personnes, l’empathie, l’écoute, le désir d’apprendre de ce qui nous est étranger.
La réalité actuelle c’est que l’étranger doit à tout prix être tenu à l’écart. Le respect n’est dû qu’aux gens qui ont « fait leurs preuves » et peuvent l’afficher matériellement. L’empathie est tout juste bonne dans le cadre familial… et encore. L’écoute n’a plus lieu d’être quand toute la structure de diffusion d’idées (théâtre, cinéma, littérature, télévision, musique) est tenue par le domaine et la conception financière d’un rapport aux choses. Aucune œuvre aujourd’hui n’est largement relayée et portée à connaissance des gens si elle n’est pas jugée rentable. Le désir d’apprendre est refoulé dès le plus jeune âge, l’école n’est pas faite pour faire de nous des individus autonomes mais des perroquets tout juste bons à recracher des idées. 
La grande réalité c’est que nous sommes en guerre et que nous ne faisons rien qui réponde à cette situation. Tous les soubresauts d’indignation qui font frémir des franges de plus en plus réduites d’individus à travers les pays, les sociétés, tous ces petits criaillements de frustration sont tous en opposition à une non accession à la société qui bénéficie à ceux qui en profitent le plus largement.
Non, ce n’est pas du travail dont nous voulons. C’est de pouvoir vivre et nous épanouir dont nous avons besoin.
Je hais les manifestations qui réclament un arrangement de salaires ou d’horaires de travail pour des tâches absurdes, inutiles.
La division dans la conception sociale née du communisme fait autant de tort à la pensée humaine que sa marchandisation née du libéralisme.
Il n’y a plus d’humains, il n’y a plus que des petites cases, dans laquelle on catégorise les individus auxquels on a apposé une petite étiquette.
La guerre est en fait totale.
Et personne n’a l’air de s’en soucier.

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