dimanche 26 octobre 2014

C’est officiel : les USA sont l’État terroriste n°1

Recherché pour crimes contre l'humanité : Henry A. Kissinger
Préambule
Pour bien comprendre cet article de Noam Chomsky, publié non pas aux États-Unis, mais au Venezuela, qui considère les USA comme un État terroriste, il convient de rappeler que dans le « droit de la guerre » la protection des populations civiles est un devoir pour les deux parties en lice. Ne pas le faire est une infraction directe au droit humanitaire [1].
Une attaque terroriste est une attaque visant directement des civils, dans le but d’obtenir un avantage territorial ou politique. Ce qui est le cas de l’État islamique (Daech, Isis, EIIL…), qualifié de groupe terroriste. Mais l’attaque, racontée dans ce texte, d’une usine cubaine, par des forces terroristes formées par les USA, et qui laissa 400 ouvriers morts, en est un autre cas. Au niveau légal, les deux attaques ne sont pas différentes. La différence entre les deux, subjective à la conscience collective occidentale, repose sur sa représentation médiatique, celle qui fabrique votre consentement, qui vilipende la première et encense, ou au moins excuse, la deuxième, simplement parce que c’est votre bord qui en est l’auteur.

Si vous trouvez que faire cette différence est normal de votre part, alors vous pouvez vous classer parmi les hégémonistes (même si vous préférez le mot pragmatiques), ceux qui pensent que c’est la puissance qui est la règle du jeu international. Si vous trouvez cette différence anormale, vous vous classez parmi les légalistes et vous blâmerez les deux. Mais il faut aussi se rappeler que le puissant à une responsabilité supplémentaire, celle de maîtriser sa puissance et ne pas commencer l’attaque. D’autant plus, s’il se considère « gendarme du monde », car on ne peut prétendre à la fois faire appliquer la loi et se placer au-dessus d’elle.

Il devient de plus en plus évident que l’hégémonisme est une idéologie qui reprend toute sa force aux USA et dans le monde occidental, tant parmi nos gouvernements, que dans la conscience collective, dirigée dans ce sens par les médias dominants. C’est pourtant cette idéologie qui a conduit aux catastrophes qu’ont été les deux premières guerres mondiales. Guerres à chaque fois perdues par les tenants de l’hégémonisme. Ce qui nous ramène à la constatation du gouvernement US lui-même, que vous lirez dans ce texte : « les succès sont si rares qu’il serait bon d’envisager un changement de stratégie », constatations que les pragmatiques et les hégémonistes se doivent de méditer.
Le Saker francophone
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C’est officiel : les USA sont l’État terroriste n°1

Un sondage international a montré que les USA sont en tête du classement de « la plus grande menace à la paix de nos jours », loin devant la deuxième place tenue par le Pakistan.
Imaginez un article de première page dans la Pravda, rapportant une étude faite par le KGB, portant sur les principales opérations terroristes menées par le Kremlin dans le monde, dans le but de déterminer ce qui a favorisé leurs succès ou leurs échecs, et qui conclurait que, malheureusement, les succès sont si rares qu’il serait bon d’envisager un changement de stratégie. Imaginez que l’article en vienne à reprendre des propos de Poutine, disant qu’il a demandé au KGB d’enquêter pour recenser les cas « de financement et de livraison d’armes aux insurgés dans un pays, ayant entraîné la victoire de ces derniers. Mais ils n’ont pas trouvé grand-chose ». Il aurait donc quelques hésitations à poursuivre de telles actions.
Si, aussi inimaginable que cela puisse paraître, un tel article venait à être publié, les cris d’indignation et de colère seraient tonitruants, et la Russie serait immédiatement condamnée très sévèrement (même pire), non seulement pour cette reconnaissance publique d’actes de soutien terroristes, mais aussi pour la réaction de sa classe dirigeante. Aucune remise en question, si ce n’est de savoir si de tels actes ont un effet et comment l’améliorer.
Il est même difficile d’imaginer qu’un tel article puisse être publié, sauf qu’il l’a été (ou presque).
Le 14 octobre, l’info de Une du New York Times portait sur une étude de la CIA, qui passait en revue les principales opérations terroristes conduites par la Maison Blanche dans le monde, dans le but de déterminer les causes de leurs succès ou de leurs échecs et dont la conclusion disait que, malheureusement, les succès étaient rares et qu’il serait bon d’envisager une réadaptation stratégique [2][3]. L’article continue en citant Obama, disant qu’il avait demandé à la CIA de lancer une enquête pour déterminer les cas où « le financement et la fourniture d’armes aux insurgés d’un pays a abouti à leur victoire. Mais ils n’ont pas trouvé trouvé grand-chose ».
Il n’y a eu aucun cri de réprobation, aucune indignation, rien.
La leçon à tirer d’une telle histoire me semble limpide. Dans la culture politique occidentale, il est maintenant considéré comme totalement normal que le Leader du Monde Libre soit un État voyou et terroriste et puisse publiquement proclamer sa capacité à accomplir de tels crimes. Et il est tout à fait normal que le prix Nobel de la paix, et avocat constitutionnel libéral, qui détient le pouvoir, ne soit concerné que par un aspect : comment rendre de tels actes plus efficaces.
Une approche plus détaillée de cette histoire ne peut qu’aboutir à cette leçon.
L’article commence en citant les opérations US « de l’Angola au Nicaragua, en passant par Cuba ».
En Angola, les USA se sont alliés à l’Afrique du Sud pour fournir une aide vitale à Jonas Savimbi, de l’armée terroriste de l’Unita, et ont continué de même après que Savimbi eut été battu à plate couture dans des élections libres dûment surveillées, et même après que l’Afrique du Sud avait retiré son soutien à ce « monstre, dont la soif de pouvoir avait entraîné la misère de son peuple », selon les mots mêmes de l’ambassadeur britannique en Angola, Marrack Goulding, propos renforcés par ceux du chef de la station de la CIA à Kinshasa, dans le Zaïre voisin, qui avait averti que « ce ne serait pas une bonne idée » de soutenir un tel monstre, « à cause de l’étendue de ses crimes. Il est extrêmement brutal ».
 
Jonas Savimbi recevant ses parrains sud-africains dans sa « capitale » de Jamba, en Angola
Jonas Savimbi recevant ses parrains sud-africains dans sa « capitale » de Jamba, en Angola
Malgré ces opérations terroristes meurtrières en Angola, appuyées par les USA, les forces cubaines ont repoussé les agresseurs sud-africains vers le sud, les forçant à quitter la Namibie, illégalement occupée, et à ouvrir la voie à des élections, pour lesquelles Savimbi, après sa défaite, «  a complètement rejeté les avis de 800 observateurs internationaux, qui disaient que ces élections avait été… globalement libres et justes » (New York Times). Savimbi a continué sa guérilla terroriste, grâce au soutien US.
Les succès cubains dans la libération de l’Afrique et la fin de l’apartheid furent loués par Nelson Mandela, quand il fut finalement libéré de prison. Un de ses premiers actes fut de déclarer que « durant toutes ces années de prison, Cuba fut une inspiration pour moi, et Fidel Castro un monument de courage… Les victoires cubaines ont détruit le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc et inspiré le combat du peuple sud-africain… un tournant majeur pour la libération de notre continent (et de mon peuple) du fléau de l’apartheid ».
 


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