Le réchauffement climatique de la Terre: il n'est pas si fort qu'on le pensait

Les dirigeants du monde entier tentent de limiter le réchauffement climatique du monde à 2 degrés Celsius, mais les experts étaient très sceptiques sur la faisabilité d’un tel objectif. Mais un nouveau projet norvégien vient de changer la donne.
Ce projet, qui est financé par le NORKLIMA, le Conseil norvégien du programme à grande échelle du changement climatique et de son impact sur la Norvège, montre que cet objectif est en fait tout à fait réalisable. « Nous avons utilisé une méthode qui nous permet de voir la Terre entière comme un laboratoire géant où l’humanité a mené une expérience collective avec nos émissions de gaz à effet de serre, de particules, la déforestation, et d’autres activités qui affectent le climat », explique le responsable du projet, Terje Berntsen, qui est professeur au département de Géosciences de l’université d’Oslo et un chercheur du Centre pour la recherche sur le climat international et sur l’environnement (CICERO).
Ils ont répété les calculs des millions de fois pour former une base d’analyse statistique. Lorsqu’ils ont appliqué ce modèle pour analyser les températures atteintes jusqu’à la période s’achevant en 2000, ils ont trouvé que l’élévation de température liée au doublement des concentrations de CO2 dans l’air avait été de 3,7°C, plus que ce qui avait été projeté par l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), le Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique, qui s’attendait à une hausse de température d’environ 3°C.
Mais lorsqu’ils ont modélisé la période 2000-2010, les chercheurs ont eu une heureuse surprise : l’élévation de la température n’était plus que de 1,9 °C. Il s’agit en fait une moyenne, et les chercheurs expliquent que le chiffre réel pourrait s’établir dans une fourchette comprise entre 1,2°C et 2,9°C, avec une probabilité de 90%.
La température a fortement augmenté à la surface de la Terre au cours des années 1990, mais à partir de 2000, ce réchauffement s’est comme stabilisé, bien que les émissions de gaz à effet de serre et les autres facteurs impactant le climat et liés à l’activité humaine ont continué d'augmenter.
«La température de la Terre a augmenté fortement dans les années 1990. Cela nous a conduits à surestimer la sensibilité du climat. Nous assistons plus probablement à des fluctuations naturelles dans le système climatique, des changements qui peuvent se produire sur plusieurs décennies et qui se superposent au réchauffement de long terme. Les changements naturels ont provoqué une augmentation rapide de la température mondiale dans les années 1990 tandis que les variations entre 2000 et 2010 pourraient avoir eu pour conséquence l’atténuation à laquelle nous assistons aujourd’hui », explique Berntsen. Il conclut que nous pourrions atteindre les objectifs climatiques fixés plus rapidement que prévu.
Plus globalement, les résultats de son équipe semblent indiquer que les émissions de particules ont probablement moins d’impact sur le climat que ce que l’on croyait jusqu’alors.

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