Comment les Chinois acquièrent des propriétés à Chypre pour obtenir le droit de se déplacer librement sans visa dans l’UE

Chypre a peut-être trouvé un moyen de juguler la crise qui a provoqué un effondrement de ses prix de l’immobilier de près de 15% depuis 2007 : accorder, sous conditions financières, la résidence permanente à des non-Européens pour leur permettre de voyager sans visa dans toute l’Europe, rapporte The Guardian. Les candidats – principalement des Chinois - doivent payer 300.000 euros pour un bien immobilier, prouver qu'ils n'ont pas de casier judiciaire, qu’ils disposent de ressources financières suffisantes et ils doivent déposer 30.000 euros sur un compte bloqué pendant au moins 3 ans auprès d’une banque locale. Tous ceux qui répondront à ces conditions recevront leur permis de résidence permanente au bout de 45 jours.
Cette mesure est une véritable aubaine pour le secteur de l’immobilier, puisque une enquête officielle publiée le mois dernier a révélé qu’entre août et octobre 2012, plus de 600 propriétés ont été vendues à des acheteurs chinois, dont 90% d’entre elles étaient situées dans la ville côtière de Pafos.
Le permis de séjour permanent est très prisé des Chinois fortunés, parce qu'ils leur permet de voyager librement dans toute l'Union Européenne sans avoir à réclamer de visa. ils peuvent également envoyer leurs enfants dans des écoles européennes, ce qui constitue un réel avantage pour eux, puisque le rapport Hurun indique que 85% des 1,4 million de Chinois millionnaires en dollars souhaiteraient envoyer leurs enfants à l’école à l’étranger.
La Commission Européenne n’y trouve rien à redire, dans la mesure où les questions d’attribution de la résidence permanente demeurent une prérogative des gouvernements nationaux des Etats membres. En outre, Chypre ne fait pas partie de l'espace Schengen.
Selon François Godement, qui dirige le China programme for the European council on foreign relations, ces attributions de résidence permanente ne posent de réels problèmes que lorsqu’elles sont accordées par des pays en difficulté membres de l’Espace Schengen, comme le Portugal et l'Espagne, par exemple.
Or, l’année dernière, le gouvernement espagnol a proposé de l’accorder à toutes les personnes prêtes à acquérir des biens immobiliers espagnols d’une valeur minimale de 200.000 dollars. Ces conditions sont bien plus favorables que ce qui se pratiquait jusqu’alors, puisqu’il fallait débourser 500.000 euros en Irlande et 600.000 euros au Portugal pour obtenir la résidence permanente.

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