Pierre Rabhi a de l'expérience alternative dans les mains et de l'utopie dans la tête. Car « sans utopie, la société s'arrête ». En pleine heure creuse il a fait salle comble.

Pierre Rabhi : « Non acceptation du désastre »
Il était une fois la forêt amazonienne qui partait en fumée. Tandis que tout le monde prenait ses pattes à son cou, un petit colibri, faisait des allers et retours entre une mare et les flammes. Dérisoire travail de Canadair microscopique ? « Je fais ma part », répondit l'oiseau dont Pierre Rabhi - paysan, écrivain et penseur - a choisi le nom pour baptiser son mouvement.
Petit et frêle, perché au bord de son fauteuil au milieu de la scène de la grande salle Fellini, jeudi à 14 h 30, au Jean-Eustache, le colibri Pierre Rabhi a fait sa part face au grand incendie de la planète. Et bien fait.
(...)

« Hold-up » sur la planète
Petite question en coulisse, avant qu'il n'entre : « N'est-il pas déjà trop tard au train où va le monde ? Êtes-vous encore optimiste ? » Lui, décidé, sanglé dans ses bretelles. « Oui, j'y crois, sinon, je ne serais pas là. » Et c'est une salle comble qui l'attend. Il va lui dire sa « non acceptation du désastre ». Car la petite goutte sortie du gosier du colibri est en train de faire des petites : « Dans la société civile, des gens agissent. »
Le défi semble démesuré, sur notre caillou cosmique mis en coupe réglée par une poignée de puissants, inexorablement : "On va vers une situation où un petit groupe sera propriétaire de la planète et tous les autres, locataires. Une féodalité mondiale... qui fait main basse sur la terre, l'eau, les semences, le vivant..."


Un hold-up !
Mais le cimetière de l'histoire est rempli de géants aux pieds d'argile... « Qui peut garantir demain ? » Il pense que dans un élan « suicidaire », l'humanité s'est placée dans une situation de vulnérabilité sans pareille soumise aux instruments qu'elle a créés. Un problème dans les moyens de communication, la production ou la distribution d'électricité, de carburant et « tout s'effondre ».
Lui, le modeste Pierre Rabhi, croit à la « puissance de la modération » qui remplace dorénavant la « sobriété heureuse » dans son discours passé à la vitesse supérieure. « C'est la terre qui nous nourrit », dit-il en montrant ce qu'il considère comme l'outil le plus merveilleux : ses mains de paysan d'agro-écologiste. La main de l'homme. Utopiste ? « Sans utopie, la société s'arrête. » Elle serait déjà en panne : « Les politiques font de l'acharnement thérapeutique. Le système est mort »... Comme leur pouvoir, aux décisions dictées par l'argent qui ne travaille plus que pour lui-même.


Le point sur l'incendie
Pierre Rabhi ouvre des pistes, notamment dans l'éducation. Selon lui, elle doit cesser d'être basée sur la compétitivité pour « créer de la générosité et de la coopération ». La société semble loin de l'entendre, avec son exploitation de l'homme par l'homme et plus encore de la femme par l'homme, ses guerres de religion modernes... Au mot Dieu, il préfère le divin « qui m'habite profondément », car « les religions sont source de conflit », dit-il, désolé.
Interviewé par Dorothée Eisenbeis, de Terre D'ADELES qui prône des valeurs alternatives d'échanges, Pierre Rabhi a parlé devant un public acquis à ses valeurs. Les questions et les « contributions » ont fusé. Certes, la salle était comble, avec des gens jusque sur les marches. Mais cela ne faisait jamais que 460 personnes. Une goutte d'eau dans un océan de libéralisme, d'économie de marché et de dérèglements en tout genre.
La légende amazonienne du petit colibri ne dit pas si l'incendie a été éteint.
(...)

Pour lire la totalité, cliquer ICI

Vu ICI

Commentaires

Articles les plus consultés