Syrie et Egypte - Régis Chamagne décrypte l'actualité internationale

Le Cercle des Volontaires est allé à la rencontre de Régis Chamagne, responsable des questions de Défense à l'Union Populaire Républicaine.

Au cours de cet entretien, Régis Chamagne nous livre son analyse sur le renversement de Mohamed Morsi et le rôle de l'armée en Égypte. A propos du conflit syrien, un décryptage de la propagande occidentale et une analyse réaliste des derniers événements nous est présenté par cet ancien colonel de l'armée de l'air, spécialiste des questions stratégiques et militaires.

Très intéressant notamment à partir de la 10 minutes, ou il parle de son point de vue sur la Syrie.

Comme il se décrit lui-même:
Je suis issu d'un milieu social modeste et j'estime être un pur produit de l'école de la République. Elle m’a permis de tirer parti de l’ascenseur social qu'elle procurait encore généreusement dans les années 1960-1970. J'ai poursuivi des études scientifiques jusqu'aux classes préparatoires aux grandes écoles et j'ai intégré l’École de l'air sur concours en 1977 pour devenir officier, ingénieur, puis pilote de chasse.

D’abord pilote en escadrille de défense aérienne et commandant d’escadrille sur Mirage F1C à Cambrai puis commandant d’un escadron de reconnaissance sur Mirage F1CR à Strasbourg, j’ai effectué des détachements opérationnels au Tchad, en Arabie Saoudite et en Turquie. J'ai été officier rédacteur à l’Inspection générale de l’Armée de l’air pendant une année avant de commander la 3ème escadre de chasse sur Mirage IIIE et Mirage 2000D à Nancy, commandement qui a mis un terme à la partie opérationnelle de ma carrière.
 
  • Une formation de stratège

De 1995 à 1996, j'ai également suivi le cours de l’École supérieure de guerre, ce qui a alimenté mon intérêt naturel pour la stratégie et la géopolitique et ce qui m’a permis d’approfondir les questions de stratégie, au point d’écrire plusieurs articles dans diverses revues.

À la sortie de l’École de guerre, je suis devenu chef du bureau « Analyse opérationnelle » au Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), puis chef du département « Renseignements ».

Après avoir été nommé Chargé de mission auprès du Major général de l’État-Major des armées, puis chef de la section ciblage de l’État-Major des Armées, j’ai fini par me voir confier le commandement de la base aérienne BA 106 de Bordeaux-Mérignac.

  • Régis Chamagne est l'auteur du seul ouvrage de stratégie aérienne en langue française. Un livre qui a été couronné par l'Académie des Sciences Morales et Politiques

Peu de temps après avoir décidé de quitter l'armée de l'air - en 2004 -, j’ai publié un traité de stratégie aérienne intitulé L'art de la guerre aérienne. Cet ouvrage a été primé par l’Académie des Sciences morales et politiques, qui lui a octroyé le Prix Estrade-Delcros en 2005.


  •  avec une sensibilité de gaulliste de gauche, et une profonde aversion pour l'injustice et pour la religion ultralibérale atlantiste

S’agissant de mes idées politiques et philosophiques, je suis très attaché aux valeurs de la République sociale. Je considère que la liberté ne va pas sans l'égalité, que la liberté des uns ne doit pas se déployer au détriment des autres, en somme que chaque citoyen doit être également libre.

J'éprouve également une profonde aversion pour l'injustice, de quelque façon qu'elle se manifeste, et corrélativement pour toute forme d'abus de pouvoir. Servir ou se servir ? C'est un prisme qui a structuré mon jugement sur les fonctionnaires et les élus que j'ai croisés ou que j'ai observés.

Au total, et tout en ayant conscience du caractère simplificateur de ce type de formule, je me qualifierais volontiers de « Gaulliste de gauche ». En fait, au cours de ces dernières années, j'ai eu beaucoup de mal à trouver dans « l'offre politique » un ou des mouvements qui correspondent à mes aspirations, probablement en raison du flou grandissant autour des valeurs et des programmes.

Écologiste parce que j'aime la nature, que ma culture scientifique m'a conduit à m'intéresser aux questions tournant autour de la complexité et qu'il y a urgence en la matière, je me suis vite aperçu de la vacuité du principal mouvement politique qui porte ce thème. Un moment attiré par le Front de gauche (probablement en raison des postures gaulliennes de son porte-parole), j'ai constaté au bout du compte que ce n'était qu'un banal leurre alter-européiste.

Mais au delà des discours confus des différents mouvements politiques, j'ai constaté au cours de ces dernières années l'apparition de tendances lourdes, en particulier la montée de la religion ultralibérale atlantiste. J'ai observé, en amateur de la langue française, son accompagnement par l'émergence insidieuse d'une « novlangue » dont plusieurs ouvrages ou films rendent compte. Véhiculés par cette novlangue, la pensée unique et le politiquement correct ont progressivement délimité l'espace de ce que l'on avait le droit de dire ou pas.

En parallèle, j'ai remarqué que plus il y avait d'Europe, moins il y avait de démocratie. Au point que la prison européenne, accompagnée de son carcan sémantique, me devenait de plus en plus insupportable.

Extrait de cette page

Commentaires

Articles les plus consultés