Le gouvernement français envisage d'obliger la vente des médicaments à l'unité


En France, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, propose de ne plus vendre les médicaments qu’à l’unité pour réaliser des économies sur les dépenses publiques, éviter les gaspillages et le recours à l’automédication.

« Chaque Français, je dis bien que chaque Français, pas chaque ménage, a 1,5 kilo de médicaments dans son armoire à pharmacie », a-t-elle indiqué, précisant que ces médicaments étaient ou bien non utilisés ou bien utilisés en automédication, et que celle-ci pouvait être particulièrement nuisible lorsqu’il s’agissait d’antibiotiques. La consommation non contrôlée d’antibiotiques a en effet tendance à développer la résistance des bactéries, ce que l’on appelle l’antibiorésistance. « C’est pour cela que nous allons commencer notre expérimentation par certains antibiotiques », a ajouté Touraine.

Une expérience va donc être menée dans des pharmacies volontaires de certaines régions.
Cependant, beaucoup de pharmaciens manifestent du scepticisme à l’égard de cette mesure. Gilles Bonnefond, le secrétaire général de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, ne voit pas comment les patients pourront se passer des notices d’information et des mises en garde importantes qu’elles peuvent comporter dans certains cas concernant les risques posés par la prise des médicaments. Isabelle Adenot, la présidente du Conseil de l'ordre des pharmaciens, estime que le fond du problème n’est pas le gaspillage, mais le fait que les patients ne suivent pas toujours fidèlement leur traitement, ce qui les conduit à ne pas consommer tous les médicaments qu’ils auraient théoriquement dû prendre.

Mais d’autres pharmaciens réagissent plus positivement, attendant de voir les résultats de l’expérience, soulignant l’importance de la lutte contre l’antibiorésistance. Certains s’inquiètent malgré tout des soucis d’organisation que la mesure pourrait poser pour leur officine, comme Alexandre Fryburger, un pharmacien du 5ème arrondissement de Paris : « la dispensation à l'unité cela va être difficile. Si vous avez une officine de campagne avec 50 clients par jour, ça va encore, mais quand vous en avez 2.000… », dit-il.

En France, le déficit de la Sécurité Sociale sera de 16,2 milliards d’euros en 2013, et la ministre cherche à le réduire à 13 milliards d’euros pour l’année prochaine.
Au Canada, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, on achète déjà ses médicaments à l’unité. Le pharmacien respecte l’ordonnance définie par le médecin, en ne fournissant que les doses exactes prescrites.

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