Rembourser ? Oui, il est temps que les 99 % remboursent les 1 %


Forbes qualifie le PDG de Goldman de « plus saint » que Mère Teresa

Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs
PDG de Goldman Sachs
Beaucoup de gens m’ont écrit cette semaine à propos d’un article en ligne chez Forbes écrit par un dévot autoproclamé de Ayn Rand  [NdT: la philosophe fétiche de l'individualisme et du capitalisme décomplexé] du nom de « Harry Binswanger » (si c’est c’est un « nom de plume » [NdT : en français dans le texte], c’est pas mal, même si j’aurais préféré « Harry Kingbanger»  [NdT :« roi du flingue »] ou « Harry Wandwanker » ([NdT :« branleur de baguette »]. L’article avait ce titre amusant et provocateur, « Rembourser ? Oui, il est temps que les 99 % remboursent les 1 % »  et contenait un certain nombre de propositions innovantes dans le larbinisme afin d’aider les riches, attaqués et incompris, et notamment un plan tout-à-fait-sérieux pour exonérer d’impôt sur le revenu quiconque gagnerait plus de un million de dollars.
Cet article est tellement ridicule qu’il ne devrait pas nécessiter de commentaires, mais il y a un passage que je ne pouvais simplement pas laisser passer :
Imaginez l’effet sur notre culture, particulièrement sur les jeunes, si l’espèce de célébrité et d’adulation qui entoure Lady Gaga s’appliquait aux plus importantes réalisations de, mettons, Warren Buffett. Ou si les louanges morales déversées sur Mère Teresa venaient sur quelqu’un comme Lloyd Blankfein, qui, en guidant Goldman Sachs vers les milliards de profits, a fait infiniment plus pour l’humanité. (Puisque le profit est la valeur du produit sur le marché moins la valeur des facteurs utilisés, le profit représente la valeur créée).
Au lieu de ça, nous vivons dans une culture où Goldman Sachs est sali et traité de « grande pieuvre vampire enroulée autour de la face de l’humanité » [NdT : la phrase la plus célèbre du non moins célèbre article-réquisitoire de Matt Taibbi sur Goldman Sachs paru dans Rolling Stones en juillet 2009]
Dans quel monde vivons-nous, lorsque Mère Teresa recueille plus de louanges morales que Lloyd Blankfein ! Qui peut supporter de vivre dans une société où une telle chose est possible ! Quel horreur ! [NdT : en français dans le texte, faute d'orthographe comprise.]
Ca se lit comme un article de « The Onion » [NdT : un site satirique qui publie de fausses infos] , c’est juste un truc hilarant. Je veux dire, putain, même Lloyd Blankfein lui-même n’allait pas jusqu’au point de prendre le « travail de Dieu » 100 % au sérieux, et voilà cet abruti qui dit, sans ironie, que le PDG de Goldman surpasse littéralement Mère Teresa en matière de sainteté.
Le problème est, qu’avec tous ses excès, l’article de M. Catyanker [NdT : «branleur de chat »] reflète en réalité une attitude que l’on peut souvent observer chez les dévots de Rand et les adorateurs de Road To Serfdom [NdT : « La route de la servitude », un bouquin du gourou néolibéral Friedrich Hayek]. Cinq années complètes se sont écoulées depuis le crash  et il y a toujours un nombre énorme de ces accros à « The Fountainhead » [NdT : le livre le plus connu d'Ayn Rand, paru en français sous le titre « La source vive »] qui croient vraiment que tous les Blankfein du monde sont vilipendés parce qu’ils sont banquiers et parce qu’ils sont riches, et pas parce qu’ils sont à la tête d’intouchables syndicats du crime organisé qui ont gagné de l’argent par escroquerie massive, manipulation et cambriolage éhonté du trésor public. Dans cette affaire, vous avez un gars qui écrit pour Forbes, une publication économique, et qui apparemment n’est pas au courant, même un minimum, d’environ 10000 affaires de corruption qui impliquent la banque de Blankfein.

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