Est-ce vraiment nécessaire? La Commission européenne veut accélérer l'adhésion à l'UE de la Turquie, de l'Albanie et de la Macédoine

 
La Commission européenne souhaite que l’Albanie obtienne le feu vert pour entreprendre les négociations d’adhésion à l'UE. Il y a trois ans, la candidature de l’Albanie avait été refusée par la Commission, qui avait jugé que Tirana devait poursuivre ses efforts en matière de lutte contre le crime organisé et la corruption. Les gouvernements des Etats-membres décideront si l’Albanie peut déposer formellement sa candidature au cours d’un sommet qui se tiendra au prochain mois de décembre.

«Cinq priorités importantes séparent l'Albanie des négociations d'adhésion : la corruption, le crime organisé, les réformes judiciaire et administrative et les droits de l’homme», a déclaré Štefan Füle, le commissaire européen à l’Elargissement.

La Serbie, la Macédoine et le Monténégro se sont déjà vus accorder le statut de candidats officiels à l’entrée à l’UE, bien que cette entrée ne devrait pas intervenir avant 2020. Cependant, la Commission travaille actuellement sur la reprise des négociations avec la Turquie, qui avaient été ralenties depuis 3 ans.

Les négociations avaient même été totalement stoppées en juin de cette année, après que le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait pris la décision d’écraser les manifestations pacifiques qui s’étaient déroulées à Istanbul. Selon Füle, l’adhésion à l’UE « demeure le cadre le plus adéquat pour promouvoir les réformes de types européennes ».

La commission a salué les progrès réalisés par le Monténégro et la Serbie. Füle a même indiqué que le Monténégro devrait entamer le premier les négociations en matière de réforme judiciaire, de droits de l’homme et de sécurité avant la fin de cette année.

Cependant, les négociations d'adhésion avec la Macédoine ont été systématiquement bloquées par la Grèce au cours des 4 dernières années, parce que cette dernière exige que l’ex-République yougoslave change de nom, de sorte qu'aucune confusion ne soit possible avec la province grecque de Macédoine. Les autorités de Skopje ont déjà modifié le drapeau et la constitution en signe de bonne volonté, mais elles refusent de trouver un compromis sur le nom de leur pays. En outre, la Macédoine a également un différend avec la Bulgarie qui l’accuse de discriminer les ethnies bulgares.
En revanche, la commission a indiqué que les discussions avec la Bosnie-Herzégovine étaient au point mort.

Le Dagelijkse Standaard a exprimé de « sérieux doutes » concernant les négociations d'adhésion accélérées avec la Turquie et le statut de candidat de l'Albanie et de la Macédoine:
«Il s’agit d’un pays islamique qui tend de plus en plus vers le fondamentalisme islamique. Récemment, une présentatrice de télévision a été renvoyée parce qu'elle était habillée « trop sexy ». Mais ce qui est bien pire, c'est le règne carrément anti-démocratique du Premier ministre Erdogan. Les journalistes qui écrivent des choses désagréables au sujet de ses politiques sont mis derrière les barreaux, ou pire. L’armée et la police ont été «purgées» de leurs dissidents, et elles terrorisent la population. C’est ce qui s’est passé l'été dernier lors les émeutes dans plusieurs villes turques ". (...) 
« En outre, l'UE voudrait également à l'Albanie la rejoigne, avec la Macédoine dans son sillage. (...) Deux pays démunis, corrompus, qui n’apporteront aucune valeur ajoutée pour une contribution significative à l’exception de la criminalité et de la corruption, qui sont déjà en train de devenir un problème croissant au sein de l'union actuelle »

Le journal polonais Gazeta Wyborcza doute quant à lui de la qualité de la candidature de la Macédoine (traduction Presseurop):
«Le gouvernement +autoritaire+ de Nikola Gruevski +se sert du différend [avec la Grèce, ndlr] pour rallier le soutien de l'opinion+. Tandis que l'hystérie nationaliste muselle le débat public, les vrais problèmes du pays demeurent, notamment l'adoption du budget de cette année, après l'éviction de députés de l'opposition du parlement. Un accord signé sous la pression de l'UE entre le gouvernement et l'opposition reste également lettre morte à l'heure qu'il est ».

Dans la vidéo ci-dessous on peut voir comment une discussion sur le budget au Parlement macédonien s'est achevée en pugilat en décembre dernier. A partir de 1:10 les choses se corsent sérieusement. L’UE a-t-elle intérêt à intégrer un tel pays actuellement?
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