La mère des tempêtes magnétiques est-elle à venir ?

L'événement de 1859 est aussi appelé l'événement de Carrington.

Grâce à d’anciennes données retrouvées à l’observatoire de Colaba en Inde, une équipe de chercheurs a pu préciser le scénario d’un gigantesque orage magnétique qui frappa la Terre en 1859. Et selon eux, un tel événement pourrait bien se reproduire.

Pour les cercles scientifiques où sont abordées les questions touchant aux éruptions solaires, les événements des 1er et 2 septembre 1859 constituent la mère des tempêtes magnétiques. Même à l’époque, il y a 144 ans de cela, beaucoup de gens comprirent que quelque chose d’exceptionnel venait de se produire. En quelques heures, les câbles télégraphiques qui parcouraient l’Europe et les Etats-Unis furent mis hors service, provoquant de nombreux départs de feux, tandis que l’on put observer des aurores qui n’avaient plus grand chose de boréal, puisqu’elles étaient visibles depuis Rome, la Havane ou Hawaii.

Ce qui s’est produit en 1859 était la combinaison de plusieurs évènements qui se déroulèrent à peu près simultanément à la surface du Soleil. S’ils s’étaient produits de façon isolée, ils ne seraient de toute façon pas passés inaperçus. Mais concentrés sur une même période, ils ont déclenché la plus violente perturbation qu’ait jamais connue l’ionosphère terrestre. " Ils ont déclenché l’archétype de l’orage magnétique" confirme Bruce Tsurutano, physicien des plasmas du JPL.

Pour commencer à comprendre ce que cet orage magnétique avait d’exceptionnel, il faut d’abord se familiariser avec les chiffres vertigineux que manipulent quotidiennement les physiciens des plasmas. D’un diamètre supérieur à 1 400 000 kilomètres, le Soleil concentre 99,86% de la masse totale du Système Solaire. Son volume pourrait abriter un million de planètes semblables à la Terre. A chaque seconde, l’énergie qu’il rayonne équivaut à celle dégagée par l’explosion simultanée de 100 milliards de tonnes de TNT.
Mais ce flux d’énergie n’est pas constant. Une inspection minutieuse de la surface solaire révèle un enchevêtrement turbulent de lignes de champs magnétiques et d’arches de plasma, le tout parsemé de taches sombres et mouvantes.

Parfois, un événement survient à la surface du Soleil qui libère une énorme quantité d’énergie sous la forme d’une éruption solaire, encore appelée éjection de matière coronale, une bouffée explosive de gaz très chauds et électriquement chargés dont la masse totale peut dépasser celle du mont Everest.
On peut retracer aujourd’hui le scénario de ce qui s’est passé pendant la canicule de l’été 1859 : le 28 août, on a remarqué la formation de nombreuses taches à la surface du Soleil. Les taches solaires sont des régions où règnent localement des champs magnétiques particulièrement intenses. Ces champs magnétiques s’entrelacent, et l’énergie magnétique résultante peut générer une soudaine et violente libération d’énergie appelée éruption solaire. Entre le 28 août et le 2 septembre 1859, plusieurs éruptions furent observées. Mais le 1er septembre, c’est une gigantesque éruption qui se produisit. Pendant près d’une minute, la quantité d’énergie rayonnée par le Soleil dans la région de l’éruption fut le double de la normale.

" Cette éruption s’accompagna de la libération explosive d’un énorme nuage de plasma, une éjection de matière coronale " poursuit Tsurutani. " Ces éjections ne se dirigent pas toutes vers la Terre. Celles qui le font mettent en général entre trois et quatre jours pour atteindre notre planète. Celle de 1859 fut sur nous en 17 heures et 40 minutes.

Cette éjection de matière coronale était non seulement très rapide, mais les champs magnétiques qu’elle contenait étaient très puissants et en opposition directe avec le champ magnétique local de notre planète. Cela signifie que l’éjection de matière coronale du 1er septembre 1859 a complètement submergé le champ magnétique terrestre, permettant aux particules chargées de pénétrer dans la haute atmosphère terrestre. Le résultat d’un tel évènement fut une féerie lumineuse, et de façon moins sympathique la mise hors circuit des réseaux électriques et des systèmes de communication.

En 1859, le télégraphe fêtait à peine ses 15 ans et le réseau électrique mondial était encore au berceau. En 1994, un orage magnétique endommagea sérieusement deux satellites de télécommunications, provoquant des interruptions dans les programmes des radios et télévisions canadiennes. D’autres ont affecté quantité d’installations, depuis les téléphones cellulaires jusqu’aux réseaux d’approvisionnement en électricité, en passant par le GPS. En mars 1989, un orage magnétique bien moins intense que celui de 1859 mit au tapis pendant 9 heures le réseau électrique d’Hydro Québec, au Canada. Les pertes provoquées par cet événement furent estimées à plusieurs centaines de millions d’euros.

" La question qui m’est souvent posée est de savoir si une pareille tempête magnétique est susceptible de se reproduire un jour, et quand " poursuit Tsurutani. " Je réponds alors que c’est fort possible, et qu’elle pourrait même être encore plus violente que celle de 1859. Mais pour ce qui est de la date à laquelle elle se produira, nous n’en savons tout simplement rien ! "

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Pourquoi ISON pourrait être un danger

 
" Les grandes comètes de type sungrazer pourraient provoquer une sorte de blackout habituellement associé aux armes à impulsion électromagnétique ou une explosion nucléaire à grande échelle.

C’est ce qu’explique David Eichler, auteur principal d’une prochaine parution dans l’"Astrophysical Journal Letters" qui indique qu’une comète sungrazer de la taille de Hale-Bopp (avec un noyau d’environ 30 KM de diamètre), pourrait déclencher une onde de choc de rayons cosmiques assez grande pour provoquer un Armageddon électromagnétique globale.

Eichler, un astrophysicien de l’Université Ben-Gourion d’Israël du Néguev à Beer-Sheva, affirme que les satellites qui ne seraient pas en mode de protection seraient anéantis avec la plupart des appareils électroniques dans le monde – tout les micro-circuits des téléphones cellulaires en passant par les centrales électriques à grande échelle.

Si une telle comète était de la taille de Hale-Bopp, Eichler indique, l’éruption solaire qui en résulterait serait de loin la plus importante jamais observée.
La comète se compresserait puis exploserait dans l’atmosphère solaire qui, à son tour, créerait une onde de choc, déclare Eichler.

Eichler pense qu’une telle comète sungrazer pourrait avoir déclenché une grande éruption solaire et des ondes de choc de rayons cosmiques aux alentours de 775 après JC, comme indiqué par l’analyse des cernes d’arbres pointant vers une soudaine flambée de 1,2 pour cent en carbone 14 atmosphérique .
"Je ne dis pas que [cet événement] ne pourrait pas avoir été causé par une éruption solaire, mais nous n’avons jamais vu une éruption solaire aussi grande", a déclaré Eichler.

Bien que le mouvement d’une telle comète serait la source de l’énergie de l’onde de choc, l’accélération des particules réelle se passerait dans le champ magnétique du Soleil, explique Eichler.
Voyageant à 1000 km par seconde, les ondes de choc atteindrait la terre en environ une journée et demie. Et les effets seraient probablement bien pire que l’événement Carrington 1859, une super tempête solaire qui a ravagé les lignes télégraphiques et provoqué des aurores boréales visibles jusqu’au sud du Texas.
«D’après les données des cernes d’arbres, heureusement, de tels événements ne se produisent que tout les quelques milliers d’années", a déclaré Eichler. "Mais mes estimations sont qu’un tel événement pourrait être 30 fois plus puissant que l’événement Carrington."

Les rayons cosmiques seraient acheminés le long des pôles magnétiques de la terre où la résistance magnétique est moindre explique Eichler.
Lorsque l’onde de choc frapperait le champ magnétique de la terre, ce serait comme le marteau d’un piano qui frappe une corde, dit Eichler. Cela vibrerait. Et quand une ligne de champ magnétique vibre, dit-il, cela créer un champ électrique qui provoque des surtensions dans le courant des fils.
"Cela peut créer des surtensions et anéantir le réseau», a déclaré Eichler. «C’est le danger des impulsions électromagnétiques géantes, ces immenses champs électriques frappent de minuscule micro-circuits destinés à ne traiter que de faibles courants."

Bien que cela ne devrait pas être nocif pour l’homme, un tel événement pourrait être très dévastateur pour notre réseau électronique et pourrait très probablement nous renvoyer à un nouvel âge de pierre, dit Eichler.

Comment prévoir les futurs sungrazers?
La plupart des comètes sungrazers sont trop petites pour provoquer ne serait-ce qu’une ondulation sur la surface du Soleil.
Une exception récente a été la comète Lovejoy, une comète sungrazer qui en Décembre 2011, a été observé survivant de façon inattendue à son approche solaire la plus proche.

Eichler dit que c’est tout à fait possible qu’une très grande comète pourrait frôler le soleil une fois tous les quelques milliers d’années.
«Si la comète Hale-Bopp frôlait la couronne solaire", a déclaré Eichler ", on obtiendrait une éruption solaire beaucoup plus grande que l’événement Carrington. Hale-Bopp elle-même pourrait devenir une sungrazer dans un [lointain] avenir ».

Mais il y a du positif. Les astronomes devraient, en principe, obtenir quelques années de marge si une si grande comète sungrazer venait à nouveau.
Cependant, à quelques exceptions militaires classifiés, nos appareils électroniques ne sont pas protégés contre de tels traumatismes magnétosphèriques potentiels, dit-il.

Aujourd’hui, l’événement Carrington lui-même serait dévastateur, dit Eichler, et il n’était pas particulièrement puissant ou inhabituel sur une échelle de temps astrophysique.

Après avoir terminé ses recherches, Eichler dit qu’il est davantage surpris du fait que nous soyons là pour raconter tout cela.
«Je ne savais pas que le système solaire était un endroit si dangereux", a déclaré Eichler. «Le fait que nous soyons arrivés jusqu’ici sans encombre explique peut être pourquoi nous sommes ici."

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