Le vrai message de l'euroscepticisme... selon Nigel Farage (texte)

Les partis eurosceptiques ont le vent en poupe: le Front National en France, le Parti de la liberté aux Pays-Bas et l'UKIP en Angleterre gagnent de plus en plus de terrain dans les sondages.
Dans une récente interview avec le New York Times , le Premier ministre italien Enrico Letta a averti que les partis traditionnels pro-européens devraient recueillir au moins 70% des sièges pour éviter «une législature cauchemardesque » qui se concrétiserait par une paralysie des institutions européennes.

Le 23 Octobre dernier, cependant, Nigel Farage, le leader du parti eurosceptique britannique UKIP a expliqué au Parlement européen pourquoi les partis anti-européens gagnent toujours plus de soutien parmi les électeurs:
« Il y avait un vrai débat à Strasbourg cette semaine, c’est la crainte qui hante les couloirs : l’inquiétude que suscite chez vous la montée de l'euroscepticisme .
Les années précédentes, vous étiez moins inquiets, ceux d’entre nous qui étions eurosceptiques ici étions traités des malades mentaux et d’une certaine manière, vous nous tapotiez sur la tête, mais maintenant, nous sommes de méchants populistes, nous sommes dangereux et nous menaçons de faire chanceler la civilisation occidentale.

Et il est clair que vous ne saisissez pas, vous ne comprenez toujours pas ce qui se passe. Permettez-moi de vous aider. En 2005 il y a eu un tournant à ce projet : les Français et les Néerlandais ont dit non à la Constitution européenne. Monsieur Barroso s’est levé et il a dit qu’ils n’avaient pas vraiment voté non, qu’ils ne comprenaient pas ce qu’ils avaient fait. En fait, ils avaient compris : voyez-vous, depuis 2005, le vrai débat européen, c’est le débat sur l’identité. Ce que nous disons, et nous sommes très nombreux, provenant de plusieurs Etats membres de l’UE, c’est que nous ne voulons pas de ce drapeau. Nous ne voulons pas de cet hymne, pour lequel vous vous êtes levés, raides comme des piquets hier. Nous ne voulons pas des passeports européens, nous ne voulons pas de l’union politique.

Et quand on y pense, cette position n’a rien d’extrémiste, elle n’a rien de droite, elle n’a rien de gauche non plus. C’est une affirmation normale et sensée d’identité. Parce que ce que nous disons, de notre côté… (rumeurs dans l’assemblée) vous voyez, vous pouvez crier aussi fort que vous voulez, ce qui me conforte plutôt dans l’idée que vous allez avoir de très mauvais résultats aux élections européennes de l’année prochaine, parce que vous n’écoutez pas. Nous voulons vivre, travailler et respirer dans une Europe des Etats-Nations démocratiques. Nous voulons faire du commerce ensemble. Nous voulons coopérer ensemble. Nous nous satisferons de nous mettre d’accord sur des normes minima communes sensées. Et oui, nous voulons contrôler nos propres frontières, ce qui est une chose rationnelle, logique et sensée pour un Etat-Nation. Nous ne sommes pas contre l’immigration, nous ne sommes pas contre les immigrés, mais nous croyons que cela doit être contrôlé à un certain degré.

Et ceci est le message qui est en train de gagner du soutien dans tout le continent. Et je crois qu’il y a une réelle opportunité pour qu’un large séisme électoral se produise aux élections de l’année prochaine, avec un très grand nombre de personnes de tous les côtés de ce parlement, qui viendront avec pour ambition d’imposer l’Etat-Nation, ou comme le Général De Gaulle disait, « L'Europe des patries » et pour refuser de nous doter d’une Europe d’union politique. Et vous pouvez abuser de nous tant que vous voulez, mais ce pour quoi nous nous battons est juste, basé sur des principes, et démocratique ».

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