Un Président tétanisé


 

A l’image d’un mulot qui serait hypnotisé par le redoutable serpent Kaa du livre de la jungle, dont Disney avait proposé une vision restée dans les mémoires, le nouveau président de la République semble tétanisé par la pression populaire, bonnets rouges ou roses sur la tête, d’autant qu’il est plus que jamais soumis aux pressions des lobbys économiques, nucléaires et autres…

Il n’est pas étonnant ce profond désamour du peuple, dont la déception est à la hauteur des espérances que les promesses du Bourget pouvaient laisser espérer.
Le programme du candidat se composait de 60 engagements… et au bout de près de 19 mois de mandat, on peut compter sur les doigts d’une main ceux qui ont été tenus. lien

Plus grave, ces derniers, même s’ils étaient souhaitables, ne sont pas considérés par la majorité des français comme prioritaires.
Pour les français la priorité c’est le pouvoir d’achat, et le chômage…
63 000 entreprises sont menacées de faillite d’ici la fin 2013, (lien) et l’augmentation de la TVA, impôt le plus injuste qu’il soit, puisqu’il frappe également le plus riche comme le plus pauvre, n’arrangera rien.
Bien sur il faut remplir les caisses, désespérément vides depuis le passage de l’ouragan Sarközi, mais n’y a-t-il pas d’autres moyens de les remplir ?
Au lieu de taxer toujours plus, ne serait-il pas plus cohérent de faire des économies, en commençant par ne pas réaliser les « GPI I », (grands projets inutiles imposés), lesquels représentent aujourd’hui des centaines de milliards d’euros ?

Le « Bordeaux-Toulouse », c’est 10 milliards d’euros (lien), le « Lyon-Turin  », c’est 26 milliards d’euros, l’EPR de Flamanville, c’est quasi 9 milliards d’euros (lien), l’aéroport « international » de NDDL, c’est 4 milliards d’euros (lien), le projet LGV PACA, c’est globalement de 17 à 20 milliards d’euros, etc..
La liste de ces grands projets inutiles imposés en Europe approche la centaine, (la carte est sur ce lien) et elle a même fait l’objet d’un « petit livre noir » aux éditions « le passager clandestin ». lien
Les promoteurs de ces projets assurent qu'ils seraient créateurs d’emplois, mais on sait depuis longtemps qu’ils concerneront pour les 2/3 des ouvriers venus des pays les plus pauvres d’Europe, ou les salaires ne sont que de quelques euros, d’autant que les grosses entreprises françaises auront vite fait d'en sous-traiter la plus grosse partie.
En Bulgarie, Serbie ou Moldavie, les salaires peuvent être inférieurs à 1 € de l’heure. lien

Et pourtant notre nouveau président persiste et signe en confirmant le Lyon-Turin, sans tenir compte de la contestation lucide des citoyens révoltés qui n'en voient pas l’intérêt.
Cette décision est d’autant plus inquiétante puisque la Cour des Comptes avait fait le même constat, ainsi que le rapport Duron, demandé justement par le chef de l’état.
Ce rapport affirmait entre autres que le financement du projet Lyon Turin assècherait toutes les ressources financières de l’AFITF (Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France) jusqu’en 2030. lien
Auparavant, Philippe Essig, ancien président de la SNCF avait déclaré : « la France et l’Italie n’ont pas un besoin urgent de cet investissement (…) des solutions alternatives innovantes et élégantes ont été proposées, elles n’ont effectivement pas été explorées (…) le renforcement de l’existant devrait être prioritaire  ». lien

L’existant a déjà été rénové en partie, et la rénovation totale de la ligne existante, serait bien plus compatible avec la gestion de la crise actuelle, d’autant que cette ligne n’est utilisée pour le fret qu’à 18% de ses capacités. vidéo
S’il est vrai que dans un premier temps, Jean-Marc Ayrault avait approuvé les conclusions de ce rapport, reportant à 2030 les projets de ligne à grande vitesse, (lien) il n’en reste pas mois que, contradictoirement, Hollande a entériné le projet, appelé improprement Lyon-Turin, puisqu’il s’arrête à 24 km de Lyon.

Une pétition a été lancée récemment et on peut la signer sur ce lien
Ne parlons pas de l’écotaxe, aberration voulu par quelques écologistes mal inspirés, qui n’ont pas encore compris que les seules retombées à attendre de cette mauvaise « bonne idée » ne servira à rien d’autres qu’à rendre les marchandises transportées toujours plus chère, puisque le transporteur n’aura d’autre choix que de la répercuter sur celles-ci, et qu’au final, c’est le consommateur qui en fera les frais. lien
D’autres économies sont attendues : lorsque l’on voit que la chambre des députés est le plus souvent rempli au 1/10ème, on peut facilement imaginer en supprimer au moins une bonne moitié, tout comme au Sénat, et pendant qu’on y est pourquoi ne pas supprimer le conseil constitutionnel, ce "machin" qui ne sert quasi à rien…

Rappelons que la décision d’acter le Lyon Turin s’est prise récemment dans une assemblée nationale dans laquelle siégeaient moins de 60  députés. lien
On pourrait aussi appliquer le régime de retraite à tous les élus, qui pour l’instant bénéficient d’avantages qui, par ces temps de crise, relèvent du scandale. lien
On attend toujours une décision politique rétablissant plus d’équité dans les salaires, à l’image du peuple helvète qui va lancé une initiative afin que les écarts de salaires ne dépassent pas une échelle de 1 à 12, initiative malheureusement avortée…

Au moment ou l’ex-patron de Peugeot se voyait proposer pour son départ un cadeau de 21 millions d’euros, (lien) il serait temps de remettre un peu de justice sociale dans tout ça, d’autant qu’un autre François, pape celui là, dénonce le capitalisme. lien
Le gouvernement ne devrait, grâce à sa large majorité, avoir aucune difficulté à appliquer cette mesure, d’autant quelle était l’une des promesses du discours au Bourget du candidat Hollande…mais ça ne semble pas à l’ordre du jour, et aujourd’hui le salaire le plus élevé est de 357 fois le smic. lien
On attend aussi que la page nucléaire soit réellement tournée, et pourtant, il faudra attendre la fin du quinquennat pour qu’au moins une vieille centrale soit enfin fermée.

On attend toujours la construction de 500 000 logements par an, (lien) et la rénovation énergétique qui, si elle était lancée, serait créatrice de 300 000 emplois, tout en faisant baisser de moitié la consommation énergétique du pays, à condition d’intervenir dans tous les secteurs. lien
Au lieu de ça, c’est le manque de construction de logements qui est responsable d’un grand nombre de suppression d’emplois.
Si nous tournions définitivement la page nucléaire en France, nous aurions un potentiel de près de 400 000 créations d’emplois, si l’on se base sur l’exemple allemand.
De plus, chez nos voisins d’outre-Rhin, le choix énergétique du renouvelable a permis un allègement de la facture énergétique près de 55 milliards d’euros (lien) alors que le choix français va nous faire gaspiller la même somme pour réparer nos vieux réacteurs nucléaires, sans pour autant nous garantir une totale sécurité, car si l’on peut effectivement changer une partie des équipements de ces réacteurs, certains, comme les cuves, ne pourront pas l’être, d'autant qu'ont été constatés à plusieurs reprises de nombreux problèmes sur celles-ci, notamment au Tricastin. lien
La belle idée de séparer les activités des banques d’affaire, d’avec les banques de dépôt est retourné manifestement dans son tiroir, et on en viendrait à douter de l'affirmation hollandaise lorsqu’il déclarait : "mon adversaire, c’est la finance". lien
Mais plus grave, c’est la lisibilité de son discours qui pose problème : alors que les français attendent des réponses sur leur pouvoir d’achat, les impôts qui s’accumulent, il parle « d’inverser la courbe du chômage », et son unique préoccupation semble être de retrouver sa popularité perdue, et d’être réélu en 2017

Mais la préoccupation des français, c’est de ne pas être assommé par les impôts, de trouver du travail… et ils voudraient surtout que l’homme pour lequel ils ont donné leur voix tienne ses engagements, n’oublie pas ses promesses.
Ce qui est le plus frappant, c’est que l’une des seules mesures réellement efficace pour relancer la consommation, et donc la croissance, ne soit pas envisagée.
Ça s’appelle le Revenu de Base, c’est défendu par des politiques de tout bord, par des économistes, et ce projet fait l’objet d’une initiative européenne qui peine à trouver 1 millions de signatures d’ici le printemps 2014.
Pour soutenir cette initiative, voici le lien
Il s’agirait de donner, à tout citoyen de plus de 18 ans, 1000 euros, sans contrepartie, ceci remplaçant toutes les aides sociales distribuées à ce jour, et permettant une meilleure distribution des richesses. lien
Il faut tout de même rappeler que la France est le 5ème pays le plus riche du monde, et si l’on partageait le revenu disponible après versement des prestations sociales et prélèvement des impôts directs, cela ferait 1276 € par personne et par mois. lien

Pourtant, il semble que cette judicieuse idée n’est pas venu à l’esprit des centaines d’énarques censés conseiller le président, et encore moins à celui-ci.
Comme dit mon vieil ami africain : « on apprend la sagesse dans la sottise des autres ».
L’image illustrant l’article provient de « larnon.eerv.ch »
Merci aux internautes de leur aide précieuse
Olivier Cabanel 
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