Le culte de Mithra précurseur de celui du Christ en Occident

Le culte de Mithra remonte-t-il aux Grecs seulement ou vient-il d'Iran ?   Toujours est-il qu'il précéda celui du Christ, et qu'il lui fut contemporain aux premiers siècles du christianisme.

En Iran, Mithra était le premier des Izeds (anges), ou une personnification d'Ormuzd lui-même, considéré comme le principe générateur qui perpétue et rajeunit le monde.  Il était le fils de la déesse « Anahita, Vierge Immaculée, Mère du seigneur Mythras » (inscription datant de l'an 200 av. J.-C., dédicace d'un temple séleucide d'Iran) dont le temple à Kangavar est très important. Mithra était l'lzed du Soleil et donc le dieu de la lumière, l'ennemi d'Ahriman, dieu des ténèbres et de ses Devs (démons). Mithra fécondait la Terre, il concentrait en lui toutes les forces productives de la nature en sacrifiant le taureau qui les personnalisait.  
  
 
Son culte a été adopté  par la Grèce et s'étendit à tout le monde gréco-romain lorsqu'il fut repris par les légions romaines. En Asie Mineure, son culte est confirmé chez les Hittites deux mille ans avant J.-C. Il arriva à Rome en même temps que le christianisme.
 
(Source : Wikipedia)
 
Le sacrifice du taureau est sans conteste la scène la plus représentée dans les sanctuaires du dieu, qu'il s'agisse de sculptures, de bas-reliefs ou de fresques. Mithra chassait, rattrapait et tuait le taureau symbolisant l'origine de la vie, et le sang de l'animal fertilisait la terre.
  Mithra, "Dieu-Soleil" de Perse, précède le mythe chrétien d'au moins 600 ans. Comme le Christ, il serait né dans une grotte, d'une vierge (à entendre au sens juste de vierge de toutes notions), au solstice d'hiver et fut appelé "le bon berger". Il était appelé "la voie, la vérité et la lumière", "le rédempteur", "le sauveur", "le Messie".
En Europe, Noël vient remplacer la fête du "Soleil Invaincu", Sol Invictus, fête romaine instituée sous l'empereur Aurélien au troisième siècle, reprenant des aspects du culte d'Apollon et de celui de Mithra.
Associé au taureau, le jour sacré de Mithra était le dimanche, le "jour du Seigneur," des centaines d'années avant l'émergence du mythe christique. Il était particulièrement célébré autour de la période du renouveau printanier, comme Pâques. Il avait 12 compagnons ou disciples, accomplissait des miracles et fut enterré dans un tombeau. Après trois jours, il se leva et sa résurrection était célébrée chaque année. Les paroles de la Cène sont empruntées à celles des sectateurs de Mithra.  
 Mithra est ainsi un dieu sauveur. L'immolation du taureau a une dimension cosmique : " Le sacrifice est le fait non des hommes, mais des dieux, et c'est un acte de création : le sacrifice fonde le monde. " (R. Turcan, Mithra et le mithriacisme, p.103).  
Dans le monde gréco-romain, le culte de Mithra est devenu un Mystère. Lors de son initiation, le néophyte passe de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les initiés portaient chacun un grade : corbeau (corax), fiancé ou jeune marié (nymphus), le soldat (miles), le lion (leo), le Perse (Perses), l'Heliodrome (Heliodromus) et le Père (Pater). Ceci est principalement attesté en Italie, notamment par de nombreuses inscriptions et par la mosaïque du sanctuaire de "Sette Sfere" à Ostie.    
    
"O Providence, O Fortune, accordez-moi Votre Grâce - communiquez-moi ces Mystères  
que seul un Père peut appréhender, & communiquez-les au seul Fils - son Immortalité -  
au Fils initié, qui le mérite de par son Habileté, par lequel le Soleil Mithra, le Grand Dieu,  
par Son Archange m'a commandé d'être investi ; pour qu'ainsi je puisse seul, moi l'Aigle  
[tel que je suis, de par ma propre personne], m'élever vers les Cieux  
& contempler toutes choses."
   
 
Comment est décrit le Mithraeum d'Ostie?  
"La pièce principale du sanctuaire est une salle allongée, la « grotte » proprement dite (spelunca, spelaeum), pourvue d'un autel ou d'un simple relief cultuel à une extrémité, et de bancs surélevés (podia) tout le long des deux côtés. L'entrée se fait souvent par une antichambre (pronaos). La grande caractéristique de ce sanctuaire par rapport aux autres cultes païens est la localisation du sanctuaire (le naos) à l'intérieur même de la salle d'assemblée où avaient lieu les principales manifestations de la communauté cultuelle : l'initiation, les repas rituels, etc. La niche cultuelle avec son relief de la taurochtonie et ses objets cultuels constituaient le point focal d'attention de la communauté. La salle de culte est de dimensions modestes et correspond à une communauté de taille réduite."  
(Wikipedia)  
 
Le rite du taureau captif, que l’on retrouve aussi bien en Normandie qu’au Monte Gargano italien est celui du culte à Mithra si répandu en Gaule au temps des Romains. L’enceinte mégalithique protégeait une tombe gigantesque. Saint Pair (Paternus) et saint Scubilion eurent mission de détruire, en 480, le circuit initiatique s’achevant à la ‘chambre de Gigean’.
 
 
 
Il est certain que des mégalithes existaient au sommet du ‘Mont Tombe’ que remplacera le sanctuaire du Mont-Saint-Michel : deux menhirs et une enceinte sacrée. Une description romaine en fait état pour justifier l’implantation d’un temple où il est question d’ossements, et de quelques parures anormalement grandes et "très antyques", le tout retrouvé dans deux fosses mises à jour à l’occasion de travaux de terrassements.    
 
 
     Grotte sanctuaire du Monte Gargano.
   
Au Monte Gargano, un jour, un riche propriétaire terrien de Siponto faisait paître ses troupeaux. Tout à coup, son plus beau taureau disparaît. Après de longues recherches, il le trouva agenouillé près de  l'ouverture d'une grotte. Irrité, il voulut décocher une flèche envers l'animal rebelle. Mais aussi incroyable que cela paraisse, la flèche, au lieu de toucher le taureau  le blessa au pied.  
  

   
 Saint Michel est souvent représenté avec la balance du peseur d’âmes ; il est psychopompe, succédant en cela à Osiris, dieu égyptien du monde des morts, à Rashu, l’ange placé près de Mithra dans l’ancienne religion des Perses. Au Tibet, la pesée se fait avec des cailloux blancs pour les bonnes actions et des cailloux noirs pour les mauvaises.  La pesée des âmes est aussi évoquée dans le Coran. 

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