Voeux populistes et utopiques.

Chères élites,

Oh oui ! Que vous êtes chères, à nos portemonnaies raplaplas.
En cette fin d'année, j'eusse souhaité, comme nombre de mes concitoyens, qu'enfin vous fîtes ce pourquoi vous avez été élus.

Votre engagement devait faire de vous les serviteurs du bien commun qu'on vous a confié. Force est de constater, à part pour votre besace, que les engagements et promesses n'ont pas profité aux français moyens.

En cette fin d'année, période de joie, de fêtes et de bonheur, les plus pauvres d'entre nous, toujours plus nombreux, vont encore devoir improviser leur survie.

Que ne les invitez vous pas dans vos trop vastes demeures, au moins pour une petite collation amicale, et au mieux pour une durée aussi significative que la presque éternité de vos mandats. A moins que vous préfériez, par souci de fraternité, un partage équitable pour quelques jours, sur les grilles des bouches de métro ou, plus classe, dans les foyers d'accueil des associations. Vous pourriez ainsi toucher du bout de vos langues trop bien pendues, la réalité du litron de gros rouge qui réchauffe l'intérieur du corps et permet d'oublier que vous existez.(vous, les élites)
Un régime de cette nature, quelques semaines chaque année, vous guérirait peut-être de vos crises de goutte et de vos problèmes intestinaux.

Populisme me direz-vous ! Et vous êtes lucide ! C'est bien ce que pense le peuple, celui qui vous fait vivre, de ses supposés représentants. Et le peuple est souvent (toujours) plus sage et beaucoup plus averti que votre "intelligence" pourrait même l'effleurer.

Cessez vos mensonges, aussi pieux soient-ils, pour enfin prendre les décisions nécessaires et respecter vos engagements. Ne fermez plus les yeux devant la main tendue de la misère, même à travers vos vitres très opaques vous pouvez voir, avec un peu de volonté et de dignité, que le monde autour de vous ne vous ressemble pas. (Heureusement)
Noël, c'est aussi la fête du partage, alors n'hésitez plus, partagez un peu de votre bourse avant qu'elle ne déborde et que vos gros doigts boudinés ne puisse la refermer.

Je sais que vous êtes tous bien entourés, vous avez des conseillers beaucoup moins plus qualifiés que moi, mais il faut constater que le résultat n'est pas à la hauteur de la rétribution de vos gourous.

Il n'est peut-être pas trop tard, il se peut que je me trompe et que vous soyez généreux mais timide. Alors lâchez-vous avant que le bon peuple ne vous lâche ! Avant que la résignation ne devienne colère !

Ceci n'est qu'un petit coup de griffe d'un citoyen con-tribuable utopique et dépité.


Madame la misère, écoutez le tumulte
Qui monte des bas-fonds comme un dernier convoi,
Traînant des mots d'amour, avalant des insultes,
Et prenant par la main leurs colères adultes
Afin de ne les perdre pas.

Léo Ferré

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