Comprendre le phénomène Dieudonné

 A propos de ce « phénomène » d’aucuns avancent une explication qui répond au nom de « populisme ».
Soit. Mais alors à la définition suivante « Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, prenant pour cible « les élites » et prônant le recours au « peuple » s’incarnant dans une figure charismatique » on opposera celle-ci : « Le populisme, c'est l’autre, toujours ! L'adversaire ! Celui par qui le scandale et le danger arrivent ! Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris… de classe le plus souvent dans le style "Si c'était différent, ce serait pire encore ! "... tendance « grands bourgeois lettrés ou non mais pétés de tunes et morts de trouille - classe politique, journalistes-chroniqueurs des médias dominants inclus -, à l’idée de devoir répondre à la question suivante : qu’avez-vous fait de notre souveraineté et de notre liberté ? »
Ce qui recadre sensiblement le propos de ceux qui n’ont qu’un objectif : discrédité Dieudonné et son public : « Dieudonné est un populiste dangereux et son public des moutons égarés », ce qui pourrait, si l’on n’y prend pas garde, justifier toutes les mesures répressives et liberticides à l’endroit du coupable d’un tel méfait.
Et comme un fait exprès, ces mesures ont déjà été prises contre l’intéressé et par ricochet… contre son public privé de spectacle.
Ce qui n’est pas sans rappeler ce qui suit : le fascisme langagier - intimidation et dissuasion -, consiste à exposer un individu à un vocabulaire qui n'admet aucune ambivalence ni aucun "oui mais". Le fascisme langagier et sa dictature, c’est donc le choix d’un vocabulaire contre lequel personne n’osera énoncer de contradictions sans courir le risque d'un verdict-anathème qui équivaut à une mort sociale, médiatique et professionnelle.
Aussi, tout individu qui refuse d'adhérer à l’univers conceptuel de ce vocabulaire et de le valider pour mieux l’intérioriser et le reprendre à son compte jusqu’à l’adapter à sa propre personnalité, - l’ajuster à sa taille -, peut se voir qualifié ou bien plutôt disqualifié en tant que…

 Fasciste, raciste, antisémite, complotiste paranoïaque, nationaliste, populiste, homophobe, islamophobe, démagogue, anti-européen, anti-américain...

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 Toujours à propos du « phénomène Dieudonné » d’autres, plus téméraires mais guère courageux, évoquent « la crise » privilégiant, faute d’imagination, son aspect exclusivement social : chômage, précarité et pauvreté.
Soit.
Si on évoque « la crise », encore faut-il, là aussi, définir cette crise : qui (et quoi) est en crise et pourquoi ? Sans oublier cette autre question : qui sont les responsables ?
Car si crise il y a, c’est bien d’une crise démocratique, une crise de la représentation dont il est question - et pas seulement au Sénat et à l’Assemblée, loin s’en faut ! Représentation dans le sens de : qui est autorisé à représenter qui, quoi, et comment ? Qui a la légitimité et l’autorité morale et intellectuelle pour le faire ? Et plus important encore : qui est autorisé à parler, de quoi, de qui, comment, à qui, avec qui et où ?
Dans les médias dominants - médias de masse-, ou bien dans un cagibi ou autre placard à balais ? Des médias aux ordres qui ont sciemment coupé les ponts, tué la communication, l’échange, voilà trente ans déjà, en tarissant toute relation aussi lacunaire soit-elle avec des pans entiers de la population de ce pays ; stratégie concomitante avec la désertion des urnes des classes populaires qu’une classe politique du renoncement a précipité dans les abîmes d’une condition ouvrière en rupture de contrat social.
Or, à ce sujet, il semble que la réponse suivante s’impose : on ne peut guère parler de quoi que ce soit, pas plus que l’on ne peut guère décider de quoi que ce soit pour nous-mêmes qui n’ait pas été au préalable validé par ceux qui, autre coïncidence, prennent des décisions ou bien valident celles des autres sous la contrainte et sans nous consulter, tout en sachant que dans le cas contraire, si d’aventure notre vote ne convient pas, ils passent outre.

 Ceux qui ont pu se réjouir de l’annulation d’un spectacle de Dieudonné à Nantes par un juge, un seul, du Conseil d’Etat, - avis rendu en 1H30 -, n'ont sans doute pas réalisé que cette attaque frontale contre la liberté d’expression n'était finalement qu’une attaque de plus contre tous ceux qui, bon an mal an, seraient appelés à remettre en cause des politiques économiques qui plongent toutes les sociétés occidentales dans une remise en cause intraitable des protections, et autres acquis sociaux, et des chances de progrès pour le plus grand nombre.
Concomitance historique troublante cette menace quotidienne exercée sur la liberté d’expression, le verrouillage des médias, et cette politique de remise en cause de tous nos acquis démocratiques et sociaux, ici en Europe !
Il faut n'avoir jamais eu rien à dire ou bien, pas grand-chose à craindre de ceux qui décident de qui parle, de quoi, où et à qui, pour oublié ce B. A. BA de la liberté d'expression : la liberté de parole d’un Dieudonné nous protège tous de la censure qui pourrait alors nous frapper dans notre dénonciation de ce nouvel ordre sans honneur ni justice.

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  A propos du public de Dieudonné, un rien pusillanime , on évoque une quête identitaire.
Soit.
Encore faut-il prendre son courage à deux mains et dire les choses : dans les faits, il n’y a pas de crise d’identité mais… le refus de voir cette identité qui est bien plus qu’une identité mais un véritable projet… porté par nos élites au sortir de la seconde guerre mondiale regroupées autour du Conseil national de la Résistance… le refus donc de voir ce projet littéralement saboté par des hommes qui n’en ont aucune idée faute de pouvoir l’assumer car, là encore, leur carrière dépend de leurs seules capacités à passer outre une Nation, un Etat, un contrat social et un concept à la fois européen et mondial.
Paradoxalement, ce sont les pays étrangers qui nous le rappellent à chaque fois que nous renonçons à notre indépendante en matière de politique étrangère (et ce n’est qu’un exemple). Certes, ce ne sont pas les Allemands, ni les Britanniques ni les Etats-Unis qui nous rafraichissent la mémoire mais… des dizaines de pays de par le monde… des pays dominés aux populations opprimées et qui ne reconnaissent plus cette France de Jeanne d’Arc, de Victor Hugo, de Jaurès, de Bernanos, de Mendès France et de de Gaulle ; celle des Cathédrales et des Misérables - notre véritable bible républicaine ; une France avec tout son passé, telle une force qui chemine sans entraves et sûre de sa destination, non pas seule mais… accompagnée de tous ceux qui devraient pouvoir trouver auprès d’elle une main et un bras fermes.

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  Crise d’identité, crise économique… crises , crises… en veux-tu en-voilà ! Le mot est lâché : délitement.
Mais quel délitement ? Qui en est responsable ? Et délitement de qui, de quoi ?
Certes, le délitement est là : à la fois dans l’ignorance et dans toutes les stratégies de sabotage d’un héritage et d’une ambition ; sabotage au profit d’individus pour lesquels le monde n’est qu’un Hôtel… taudis pour les uns, Palace pour les autres, de Paris à New York, en passant par Tel Aviv, Casablanca et Hong- Kong.
Car, dans les faits, si extrême droite il y a, elle est bien là cette extrême droite ! Dans une mondialisation qui n’a que l’alternative suivante à nous proposer : se soumettre ou bien périr ; et aucune sphère ne sera épargnée : vie publique, vie privée, de l’entreprise à la chambre à coucher - celle du couple comme celles des enfants -, de la cellule familiale au quartier, la ville, le canton, le département, la région...
Finalement, rien n’est plus régressif que cette mondialisation-là ; régression archaïque caractéristique d’une Oligarchie pourrie, gâté, mentalement pré-pubère et onaniste dans la pratique qui s’en met ras la gueule depuis trente ans, et qui n’en a jamais assez ! Une mondialisation que l’on pourrait facilement se représenter, à peine caricaturale, dans la position du foetus, à sucer son pouce et le sang de ses victimes… tellement les pulsions qui la dominent sont primitives et de l’ordre des instincts pré-civilisationnelle : une mondialisation de Neandertal finalement pour une psychologie non pas de comptoir mais de cavernes.
Et cette mondialisation-là relève sans aucun doute de l’étude psychanalytique.

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  D’autres encore prétendent que Dieudonné et son public seraient porteurs de revendications qui ont du mal à être conceptualisées feignant d’ignorer sans doute que cette conceptualisation a déjà eu lieu, de l’instauration d’un Etat dit « de droit » de Montesquieu à la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : droits qui se voulaient inaliénables et qui, pourtant, n’ont pas cessé de faire l’objet d’attaques brutales depuis trente ans, véritable harcèlement, jour après jour, majorité après majorité, élection présidentielle après l’autre.
Et puis, et alors…
La contestation faisant rage, ici et là, comme à bout de souffle, une fois les médias verrouillés, une fois acquis le soutien de la quasi-totalité de la classe politique, et le monde des affaires conforté… c’est alors qu’arrive le grand chantage à l’anti-sémitisme contre la critique d’un univers unidimensionnel et liberticide d’une intolérance inouïe.
La critique d’une politique d’un Etat qui n’a plus rien à envier à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ? Antisémite. La critique des médias et de ceux qui y cumulent salaires et fonctions ? Antisémite. La critique d’un sionisme (judaïsme politique) corrupteur de nos élites au plus haut niveau de l’Etat ? Antisémite. La critique du bourrage de crâne avec le génocide juif ? Antisémite. La dénonciation de l’’instrumentalisation de ce génocide ? Antisémite. La demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, de tous les crimes coloniaux et de la traite négrière ? Antisémite. Une blague à propos d’un tueur toulousain ? Antisémite. La critique d’un CRIF entre les mains d’une extrême droite venu d’une région du monde qui ne trouve son salut que dans le meurtre, les assassinats, l’occupation et les bombes ? Antisémitisme. La critique de la banque ? Antisémite. La quenelle anti-système ? Antisémite. La lutte contre la mondialisation ? Antisémite. La remise en cause d’une Europe qui est une véritable guerre contre les salaires et les droits sociaux ? Antisémite. La remise en cause de la version officielle du 11 Septembre ? Antisémite et Négationniste.
Mais alors… si tout est anti-sémitisme et négationnisme… c’est que tout est juif ?
Oui ? Non ?
Ou bien, alors… si tout est anti-sémitisme et négationnisme c’est que plus rien ne l’est.
Oui ? Non ?
…………………………….
Allô ? Vous êtes là ?

 Il semblerait que le piège se soit refermé sur ceux qui l’ont pensé et posé car « la ruse la mieux ourdie peut nuire à son inventeur et souvent la perfidie retourne sur son auteur » - Jean de La Fontaine : la grenouille et le rat.

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  Et pour finir… ajoutons ceci : rien n’est plus politique que Dieudonné, son public, ses détracteurs, ses soutiens et tout ce qu’un gouvernement est capable de mettre en oeuvre pour tenter de le faire taire ; à défaut, de le discréditer. Même le silence de ceux qui se taisent, terrés et terrorisés, hurle politique, hurle à la politique.
Oui ! Tout est éminemment politique sur l’affaire, le phénomène Dieudonné. Et c’est là que toutes les forces coalisées se rejoignent et œuvrent et tirent dans un seul sens, jusqu’à l’épuisement, tous tenus d’obtempérer : nous tromper en affirmant haut et fort que Dieudonné n’est pas politique mais… antisémite, dans l’espoir de le disqualifier et que l’on se détourne de lui.

 Alors oui ! Dieudonné est leur psyché à tous... tous détracteurs : cet ensemble de phénomènes psychiques qui constitue non pas leur individualité à tous indépendamment de tous les autres, mais bien plutôt tout ce à quoi ils sont soumis, tout ce à quoi il leur est demandé de souscrire. Aussi, chacune des paroles de notre humoriste, chacun de ses sketchs, chaque spectacle leur apporte non pas tant la contradiction qu'une honte ingérable ; d'où la gêne des uns, la colère des autres, et la haine pour les plus affectés d'entre eux par cette entreprise de désindividuation dans laquelle tous se sont laissé entraîner comme on vend son âme au diable, un diable au sourire angélique, car c'est là le prix à payer pour quiconque souhaite prospérer au mieux de ses intérêts - donneurs d'ordres, exécutants et supplétifs confondus... tous au service d'un impératif qui frôle à terme l'anéantissement psychique -, au profit d'une solidarité ethnique, professionnelle ou de classe (c'est au choix ! et tous les choix sont possibles à la fois) aux intérêts bien compris et jalousement préservés : poison qui condamne une société à d'incessants conflits tantôt larvés, tantôt ouverts que cette démission de l'être... étant !

Ressentiment et guerre d'usure, pourrissement et instrumentalisation politique...

Rien de surprenant que tous - classe politique, monde du spectacle et médias -, souhaitent s’en débarrasser. Un Dieudonné contre lequel une guerre sans pitié et dissymétrique est menée, une de plus... (c'est à noter une fois encore... une guerre dissymétrique de plus après celle qui ont été et sont menées ailleurs dans le monde contre des pays tout juste capable de se défendre).

 Le public de Dieudonné, cette France Black-Blanc-Beur qui a trouvé refuge dans les salles de ses spectacles, cette France Black-Blanc-Beur dont personne ne veut en l’état, et cette France-là, Black-Blanc-Beur, n’a qu’un ennemi : le mépris, l’arrogance et la voracité d’un système pour lequel les êtres humains ne sont que des ventres à remplir ou bien, à affamer si ces ventres refusent de marché droit (des ventres ici, et des Peuples ailleurs aussi… c’est selon... leur niveau de soumission ou de résistance !), et du temps de cerveau disponible à distraire jusqu'à l'abrutissement et à manipuler jusqu’au renoncement à une quelconque résistance.

En attendant, Dieudonné a certainement besoin de se protéger de quelques "élites" communautaires et de leurs supplétifs qui depuis dix ans cherchent à abattre celui qu'il faut bien se résoudre à considérer comme notre plus talentueux humoriste satirique de langue française depuis Molière, fils de Voltaire, sans aucun doute le plus grand anti-tartuffe de la société du spectacle médiatique et politique.
Et que l’on nous montre un honnête homme, un seul, ou qu’il se fasse connaître dans les meilleurs délais, qui ne soit ni un politique aux arrières pensées inavouables ni juge et partie, ni un pleutre, ni un imbécile ou bien une gourde, un honnête homme donc qui soit d’avis qu’il n’y a rien à sauver chez Dieudonné… car on l’attend encore !

 Et c'est bien là que tout soutien à Dieudonné trouve son sens.

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