Mars One : Qui sont les Français présélectionnés pour partir ?

S’ils étaient plus de 2500 à s’être portés candidats en août 2013, ils ne sont désormais plus que 22 Français en course dans les sélections à la mission Mars One. À terme, des épreuves et un vote public permettront de déterminer quels seront les 4 premiers terriens à partir définitivement sur la planète Mars.
Passionnés par les sciences, chercheurs, ingénieurs ou journalistes, huit d’entre eux ont accepté de répondre à nos questions. Ludovic, 30 ans et réside à Paris où il est directeur technique d’une société de production audiovisuelle. Claude, 52 ans est ingénieur en région toulousaine. Florence, 30 ans est journaliste sur France Inter et vit à Boulogne-Billancourt. Steve, 45 ans est ingénieur informatique et vit à Cork dans le sud de l’Irlande. Mickaël, 27 ans est ingénieur au CNRS et vit à Paris. Laurent, 35 ans est professeur de technologie et vit Châteauroux. Christine, 46 ans est artisan coiffeuse dans un petit village de l’Aude. Et enfin, Jacques, 25 ans est coach sportif et vit le Maine et Loire. Tous ont accepté le principe d’un départ définitif mais chacun se donne également la possibilité d’abandonner la participation au programme dont le départ n’est pas prévu avant 2024.
Ce que représente la mission pour eux
Les raisons qui les ont poussé à postuler au programme sont assez similaires, tous mettent en avant qu’il s’agira d’un grand pas pour l’Humanité qui permettra de nombreuses avancées scientifiques. « Le projet Mars One est le premier acte de courage depuis les années 70, promettant de relancer la conquête humaine de l’espace », estime Claude.
Pour Mickaël, il n’est pas si certain que le voyage soit sans retour. « Si le projet réussi, si une colonie se développe et devient autosuffisante alors beaucoup de choses deviennent possible dont une liaison Terre-Mars / Mars-Terre (échanges commerciaux, voyages touristiques, missions ponctuelles de scientifiques terriens…). Alors si à court et moyen terme, les premiers colons n’auront pas de billets retour, je ne pense pas qu’on puisse affirmer qu’à long terme ils ne pourront jamais rentrer » explique-t-il. Encore faudrait-il que des avancées technologiques permettent au corps de se réadapter à la gravité terrestre après un long séjour sur Mars où elle est égale au tiers de celle présente sur notre planète bleue.
De son côté, Ludovic se dit conscient de ne probablement jamais revenir sur Terre s’il est choisi. « Ne jamais revenir est la condition technologique nécessaire à cette mission, elle est possible uniquement sans retour, c’est un échange, une planète contre une autre. Dans un futur proche, on peut espérer que l’évolution des technologies permettra des échanges entre la terre et Mars et des Hommes n’auront plus à choisir entre les deux planètes. Pour que cela soit possible, je suis prêt à partir sans retour. »
La vie sur place
Si Mars One n’a pas encore précisé quelles seront les tâches des nouveaux colons, tous imaginent déjà comment ils occuperont leurs journées. La vie sera « assez spartiate au début », raconte Mickaël. « Tout devra être rationné et les zones de vie seront très limitées. Mais je pense que toutes ces contraintes seront assez vite mises de côté face aux défis à relever (extensions des zones de vies, exploration de la région…), il y aura tant à faire que les premiers colons n’auront pas trop le temps de se plaindre des conditions de vie. »
De son côté, Christine imagine déjà les diverses explorations et expériences qui pourront être effectuées sur place. « Je pense donc qu’une fois que notre quotidien sera établi (eau, air, nourriture), nous mènerons diverses explorations à l’extérieur afin d’obtenir des informations précieuses pour la suite de l’aventure. Découvrir cette planète en faisant partie d’un projet unique est très excitant, cela pousse ma curiosité à son plus haut degré. La vie sur place sera le résultat d’une longue préparation physique et mentale effectuée en amont, mais chaque nouvelle action réalisée sur cette planète sera une expérience innovante. »
Leur réponse face à ceux qui jugent le projet irréaliste
Nombreux sont ceux qui estiment que Mars One reste une utopie, notamment du fait de nombreuses difficultés techniques et financières qu’il reste à résoudre. Pour Steve, « toutes les grandes choses l’étaient (une utopie),le premier vol, traverser l’atlantique le premier homme sur la lune… toute grande idée était utopique mais on traverse maintenant les continents naturellement en avion ce qui aurait fait rire 100 ans auparavant. »
Du même avis, Laurent estime qu’« il y a toujours eu des sceptiques et des inquiets pour moquer les pionniers. Mais ce sont ces derniers qui ont fait progresser l’Humanité. Ce projet n’est pas différent de ce qui a toujours animé l’espèce humaine : aller de l’avant, apprendre, découvrir, quitter sa caverne et traverser la mer… C’est dans notre nature, que ça nous plaise ou non. Nombreux sont les pionniers qui ont échoué, et peut-être est-ce le sort qui nous est réservé. En tout cas, nous aurons essayé et il ne fait aucun doute que, si nous ne sommes pas les premiers, d’autres iront un jour sur Mars. Car c’est le sens de l’Histoire. »
Cette mission, c’est « Sans doute pour commencer à mettre en pratique ce que disait Tsiolkovski : « la Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas toute sa vie dans un berceau »… », termine Florence.
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