Des sociétés privées à la conquête de la Lune

Depuis les missions Apollo lancées dans un contexte de guerre froide il y a près de 50 ans, l’attrait pour notre Satellite semblait en berne. Mais depuis quelques années, les sociétés privées se lancent dans la course, espérant accaparer une partie des ressources qui se cachent dans son sous-sol. La Nasa elle-même a décidé de miser sur deux sociétés partenaires, Space X et Orbital Sciences à qui elle va faire profiter de son savoir-faire.

La course est désormais lancée. Entre la Chine qui a récemment déposé le rover Lapin de Jade, la Russie et les États-Unis, la compétition fait toujours rage. Pour tenir le cap face aux autres pays, la Nasa a décidé d’offrir à deux sociétés privées américaines son savoir-faire, ses ingénieurs et un accès à ses équipements. Space X et Orbital Sciences espèrent ainsi mettre au point des atterrisseurs lunaires qui pourront déposer des charges de 30 à 500 kilos. Ces sociétés privées ne bénéficieront toutefois d’aucun fond public contrairement aux missions visant à acheminer du fret à la station spatiale internationale. L’austérité budgétaire et l’absence de plan spatial ambitieux expliquent cette décision.
« Tandis que la Nasa poursuit son ambitieux programme d’exploration pour envoyer des astronautes sur un astéroïde et Mars, il va revenir aux industries américaines la possibilité de développer, pour l’agence spatiale, de nouvelles technologies sur la Lune », a expliqué Greg Williams, un haut responsable de la Nasa.
« Ces dernières années, des orbiteurs autour de la Lune ont révélé des indices de la présence d’eau sous forme de glace et d’autres substances volatiles, mais, pour bien comprendre l’étendue de ces ressources et leur accès, nous devons accéder à la surface lunaire. Des atterrisseurs lunaires développés par des sociétés privées peuvent contribuer à prospecter et à exploiter ces ressources » ajoute Jason Crusan, directeur des systèmes avancés d’exploration à la Nasa.

Un sous sol riche en éléments rares
La Lune présenterait un grand potentiel commercial grâce à ses réserves d’hélium 3 – rare sur Terre – dont la fusion permettrait de produire d’énormes quantités d’énergies. On estime ainsi que seules 20 tonnes de cet isotope seraient suffisantes pour répondre à la demande d’électricité des États-Unis et de l’Europe pendant un an. Le sous-sol lunaire contient au total dix-sept éléments chimiques dont la demande ne cesse d’augmenter pour la fabrication d’appareils électroniques. « La Lune offre de vastes possibilités pour une variété de sociétés pas seulement aux États-Unis, mais dans le monde », déclare ainsi Michael Gold, fondateur de la société Bigelow Aerospace.
Cette course effrénée est également symbolisée par quelques projets fous, comme celui de la société japonaise Shimizu Corporation. Elle envisage d’installer en 2035 une ceinture de panneaux solaires tout autour de la Lune, dans le but de produire en continu de l’énergie qui serait transmise à la Terre.
Source : AFP

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