L'un des plus grands investisseurs du monde est convaincu que le 'fracking' provoque des tremblements de terre



« Pour moi, le lien est clair et statistiquement certain… bien plus certain que tout ce que j’ai jamais pu voir sur les marchés boursiers ou dans l’économie »
, écrit Jeremy Grantham, co-fondateur du fonds d'investissement OGM, qui gère une enveloppe de 117 milliards de dollars, dans sa dernière lettre d’investissement (.pdf). Dans celle-ci, il joint le graphique publié par l'USGS (United States Geological Survey) une agence scientifique qui étudie les séismes aux Etats-Unis, reproduit ci-dessous, et qui indique que depuis 2003, on enregistre de plus en plus de tremblements de terre de magnitude supérieure à 3 sur l’échelle de Richter dans la moitié du continent américain qui englobe les Etats-Unis.

Pour Grantham, c’est clair : la méthode de l’extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique, ou « fracking », est directement en cause dans cette envolée du nombre des séismes. Depuis 2003, on a enregistré 52 tremblements de terre de magnitude supérieure à 3 sur l’échelle de Richter en moyenne par an sur cette partie de l’Amérique, alors qu’en on observait que 14 auparavant. 2011 a même marqué un pic, avec 171 tremblements de terre de cette sorte au cours de l'année. Or, c’est en 2003 que les producteurs de gaz et de pétrole ont commencé à exploiter cette technique d’extraction aux Etats-Unis.

Grantham tempère cette constatation en précisant qu’il s’agit presque toujours de petits séismes. Il précise  cependant que dans la liste de données qui ont servi à élaborer le graphique, 2 tremblements de terre dépassaient une magnitude de 5 sur l’échelle de Richter, dont un pour lequel les séismologues à l’origine de l’élaboration du graphique avaient affirmé qu’ils présumaient qu’il était une conséquence directe du fracking. 

Grantham, qui a commencé sa carrière comme économiste chez Shell, est un financier dont les avis sont très respectés. Il est l'un des rares à avoir anticipé à la fois l’éclatement de la bulle dotcom à la fin des années nonante du siècle dernier et la crise des subprimes aux Etats Unis. Dans sa lettre, il cite d’autres arguments qui l’inclinent à penser que ce n’est pas une bonne chose d’investir sur les énergies fossiles : il affirme que les fuites de gaz naturel des sites de « fracking » annulent le caractère écologique de cette exploitation, que leur remplacement par les énergies renouvelables est inéluctable, d’autant que ces sources alternatives sont moins coûteuses à exploiter. 


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