Chlordécone : Poison Durable (Docu)

L’affaire de la Chlordécone est le scandale sanitaire le plus retentissant de ces dix dernières années aux Antilles françaises. Cet insecticide a été épandu sur les bananiers pendant plus de vingt ans, jusqu’en 1993 et sûrement même après, polluant la flore et intoxicant la faune et les hommes. Classé comme cancérigène possible, cette molécule avait été interdite dès 1976 aux États-Unis.

Quand on tape Chlordecone sur le moteur de recherche de Médiapart ici , pas moins de 34 articles. Le problème n’est donc pas nouveau. Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’une nouvelle étude est à ajouter au dossier déjà lourd concernant ce poison (voir plus loin).

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Interdit par l’OMS, interdit aux États Unis depuis 1976 et seulement interdit en France métropolitaine à partir de 1990... et aux Antilles en 1993, cet insecticide pose de nombreux problèmes sanitaires. Actuellement et pour encore des décennies.

Les Antilles sont spécifiquement concernées en raison de l’utilisation massive et prolongée de cette molécule pour protéger les bananeraies du charançon.

Cette molécule est très stable (délais d’éliminations évalués entre 30 ans et des siècles). Elle reste dans le sol, continue de le contaminer après la cessation de son emploi. Elle contamine les cultures développées sur ces terres (ignames, patates douces, manioc, melons, concombres, …).  Elle contamine aussi l’eau des rivières irriguant ces terres. Et, de là, l’eau de boisson des populations.

Enfin, la mer est aussi contaminée, entrainant un risque sanitaire pour la consommation de poissons ou de mollusques. Lire ici 

Le Chlordecone fait partie des pesticides de la catégorie des perturbateurs endocriniens. C’est à dire qu’il est capable d’avoir des effets sur le fonctionnement de nos hormones (troubles de la spermatogenèse, …).

Le Chlordecone prédispose aux cancers (prostate, myélome multiple). Lire ici 

Cette molécule augmente le risque de naissances prématurées. Lire ici 

Le Chlordecone est un neurotoxique (troubles cognitifs chez les enfants). Lire ici

D’une certaine manière on pourrait comparer l’action de cette molécule à celle de la radioactivité : très grande stabilité, effets cumulatifs c’est à dire risques à long terme, atteinte intime de l’organisme (engendrant une prématurité chez les femmes exposées par exemple).
Oui, 20 ans après son interdiction, ce poison va encore poser bien des problème sanitaires aux Antilles.

 Source du texte sous la video

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