Palestine occupée : une banque franco-belge accusée de soutenir les colonies de peuplement israélien


Palestine occupée : une banque franco-belge accusée de soutenir les colonies de peuplement israélien

PARIS - Un rapport de l’ONU accuse la banque Dexia et ses actionnaires, la France et la Belgique, de soutenir la construction de colonies israéliennes dans les territoires occupés palestiniens, rapporte mercredi un journal français.

A travers ce document, établi par le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, Richard Falk, il apparait que les transactions de Dexia Israël avec les colonies de peuplement font du groupe Dexia une "entreprise commerciale impliquée dans l’occupation de la Palestine et sa responsabilité peut donc être engagée pour violation du droit international".

Le rapport dévoilé par le quotidien français l’Humanité, va plus loin et incrimine la Belgique et la France qui, en tant qu’actionnaires majoritaires, "manquent à leur obligation de faire respecter les conventions internationales". Il met ainsi l’accent sur les entreprises qui réalisent des gains grâce aux colonies de peuplement israéliennes et décrive l’implication de 13 entreprises franco-belges, dans les activités menées par Israël dans les territoires palestiniens occupés.

Le rapport fixe aussi les contours d’un modèle d’analyse juridique en étudiant les cas de deux entreprises représentatives dont les activités peuvent les impliquer dans des infractions internationales. Le rapport aborde également d’autres questions, notamment la question urgente des droits relatifs à l’eau et à l’assainissement dans la bande occupée de Ghaza.

Il convient de rappeler qu’un rapport de l’Onu publié il y a un an, avant ces nouvelles révélations, avait conclu que l’on peut se demander si la bande de Ghaza serait habitable après 2020.

Durant la récente mission du Rapporteur spécial, plusieurs spécialistes des infrastructures menacées de la bande de Ghaza ont fait remarquer qu’une telle prédiction, aussi noire fût-elle, était "trop optimiste" et qu’il était plus réaliste de considérer 2016 comme échéance.

La situation dans la bande de Ghaza qui vit "une situation de total dénuement est particulièrement difficile, où les droits économiques, sociaux et culturels de la population, subissent une agression généralisée", déplore le rapport qui précise que les habitants au nombre de 1,7 million sont contraints de vivre depuis 2007 dans une situation de blocus qui risque de s’aggraver dans les prochaines années.

Le rapport précise que cette affaire de l’implication de la banque Dexia, qui dure depuis cinq ans met régulièrement aux prises les militants d’Ong pour les droits des Palestiniens, d’un côté, et la direction de la banque des collectivités publiques Dexia et les gouvernements belge et français, de l’autre.

A l’origine du litige, les prêts accordés par Dexia Israël, filiale à 65% du groupe Dexia, lui-même détenu majoritairement par les Etats belge (50,02% du capital) et français (44,38%), à des collectivités publiques israéliennes installées dans les territoires palestiniens occupés.

Régulièrement, les militants du réseau belge de solidarité internationale Intal, soutenus par ceux de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS), s’invitent aux assemblées générales des actionnaires du groupe, pour interpeller ses dirigeants sur cette situation.

L’affaire a pris subitement de l’ampleur après la présentation, en octobre, dernier d’un rapport à l’Assemblée générale des Nations unies par le rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés.

Pour les militants des droits des Palestiniens, ce rapport sonne comme "une petite victoire", car il vient contredire les dénégations des ministres français successifs, qui répètent inlassablement que "Dexia Israël n’agit pas pour le compte de l’Etat", commente le quotidien l’Humanité.
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