Du poulet nourri aux OGM ? Ça se passe comme ça chez McDonald’s Europe !

 Le Brésil se convertit au soja tout OGM. Fataliste, au niveau européen, le géant du fast-food autorise à nouveau ses fournisseurs à nourrir leurs poulets avec ces aliments. La branche française résiste. Jusqu'à quand ?
Un pas en avant, deux pas en arrière. Jusqu’alors plutôt hostile aux OGM, McDonald’s Europe rétropédale. Depuis 2001, l’enseigne interdisait à ses fournisseurs de nourrir ses futurs nuggets européens avec du maïs ou du soja génétiquement modifiés. En avril, McDonald’s Europe s’est ravisé. « A partir du deuxième trimestre 2014, nous mettons un terme à cette restriction » indique sa porte-parole pour l’Europe, confirmant ainsi les révélations du quotidien allemand Der Spiegel.

Plus suffisamment d’aliments sans OGM

L’argument avancé ? Le risque de pénurie. « La majorité de nos fournisseurs nous avaient fait savoir qu’à partir de la fin du mois de mars, ils n’auraient plus suffisamment d’aliments sans OGM à donner à leurs poulets pour satisfaire notre demande européenne », indique la porte-parole. Le responsable : la stratégie agricole du Brésil. « La majorité de nos volailles sont élevées en Europe mais la majorité de leur alimentation en soja provient du Brésil », explique-t-on chez McDonald’s Europe. « Or, le Brésil produit de moins en moins de soja non-OGM. » La tendance n’affecte pas que les fast-food. En France, la plupart des protéines consommées dans les élevages viennent d’Amérique du Sud. Résultat : 90% du soja destiné à l’alimentation des élevages en Europe, qu’ils soient fournisseurs de McDonald’s ou non, serait génétiquement modifié (source Fefac, Fédération européenne des fabricants d’aliments composés, en pdf).
En France, les poulets nourris aux OGM sont donc déjà omniprésents dans nos rayons. Père Dodu, Marque Repère, Monoprix Gourmet, les volailles Champion, Cora, Intermarché ou Grand Jury…, une quarantaine de marques (liste en pdf) interrogées par Greenpeace ne peuvent garantir l’absence totale d’OGM dans leur chaîne de production. Même topo pour les œufs, le lait et l’ensemble des aliments d’origine animale. Comme ce ne sont pas les ingrédients eux-mêmes qui sont génétiquement modifiés, seuls les produits totalement sans OGM et désirant l’afficher sont étiquetés.

En France, le statu quo

« Avec l’interdiction des OGM dans l’alimentation de ses volailles, McDonald’s faisait presque figure d’élève modèle », concède Isabelle Philippe, responsable de la campagne alimentation à Greenpeace France. Dans l’Hexagone, il devrait le rester. « McDonald’s France et ses fournisseurs travaillent avec des acteurs assurant une alimentation non-OGM des poulets », nous rassure sa branche française. Sur les plateaux des McDo français, rien ne devrait changer. Du moins pour l’instant. « Il est vrai que, selon nos fournisseurs de poulets et les acteurs de la filière, la culture de soja de source non-OGM se raréfie et son approvisionnement devient de plus en plus difficile », tient à rappeler le service communication de McDonald’s France. Or derrière la pénurie se cache la question du prix. « L’alimentation garantie sans OGM existe en quantité suffisante, corrige Stephanie Töwe-Rimkeit de Greenpeace Allemagne. La seule différence, c’est qu’elle coûte désormais un tiers plus cher. » En Allemagne, pays grand producteur de volaille, McDonald’s a donc donné satisfaction à ses fournisseurs en privilégiant une alimentation bon marché car génétiquement modifiée.
Un centime de plus pour un menu sans OGM
Greenpeace estime pourtant qu’en bout de chaîne la hausse de prix serait indolore. Selon les calculs de l’ONG, il suffirait que McDonald’s paie le kilo de poulet 7 centimes de plus pour continuer à offrir une pitance sans OGM à ses volailles. Pour le client, la hausse tournerait autour d’un centime par menu. « Nos sondages montrent que les consommateurs sont prêts à payer jusqu’à 50 centimes plus cher, cette décision va à contre-courant de leur volonté », estime Stéphanie Töwe-Rimkeit, soulignant que l’ampleur des commandes passées par McDonald’s lui donne une responsabilité. « L’enseigne est assez puissante pour imposer ses conditions aux fournisseurs brésiliens et limiter les dégâts que provoquent les OGM sur l’environnement », poursuit-elle. Le fast-foods préfèrent répondre sur un autre terrain. « Ce changement n’affectera en rien la qualité de la nourriture servie dans nos restaurants », conclue-t-on au niveau européen. Les Allemands, premiers concernés par la levée d’interdiction, digéreront leurs nuggets en toute sérénité.

terraeco.net 

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