Le cadmium contamine l’alimentation des enfants et des adultes

Le cadmium, responsable d’insuffisances rénales et autres troubles graves, est l’un des métaux lourds qui soucient les autorités sanitaires. Les enfants sont parmi les plus exposés.

Contaminant lié à la pollution, classé parmi les métaux lourds, le cadmium est présent dans de nombreux aliments, exposant dangereusement une partie de la population, notamment les enfants en bas âge. Une étude publiée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2012, rappelait qu’une partie non négligeable de la population est surexposée à ce métal lourd.

Les enfants en bas âge exposés

Cinq pour cent de la population sont exposés à une dose supérieure à la dose hebdomadaire tolérable (DHT). Cette dose est établie à 2,5 microgrammes de cadmium par kilo de poids corporel par semaine (2,5 μg Cd/kg pc/sem). Une étude menée en 2011 par l’Anses, l’autorité sanitaire française, rappelait que les enfants sont plus exposés au cadmium d’origine alimentaire que les adultes : un enfant sur six dépasserait la dose tolérable de 2,5 microgrammes

Dépassements alarmants

Les enfants entre trois et neuf ans, de faible poids, sont les plus exposés, cela du fait de l’importance relative de leur consommation de nourriture par rapport à leur poids total. Encore plus alarmantes, des études européennes récentes mettent en évidence de forts dépassements  (double de la dose tolérable) pour les enfants de 1 à 3 ans.


Dans le foie et les reins

Le risque cadmium ne peut pas être sous-estimé par les autorités sanitaires. Ce métal lourd s’accumule dans l’organisme, en particulier dans le foie et les reins. Il entraîne de graves troubles rénaux (néphropathie, insuffisances rénales…) et d’éventuelles lésions osseuses (ostéoporose…). Il est classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le Cancer (CIRC).


Pollution agricole et industrielle

Le cadmium provient en grande partie de la pollution agricole et industrielle : engrais contaminés, boues de station d’épuration, rejets de la métallurgie, peintures industrielles…). Il se retrouve dans de très nombreux aliments : pains, biscottes et pain grillé, biscuits, pommes de terre et dérivés, pommes de terre, mollusques et crustacés, abats, oléagineux… Parmi les plus contaminés : le cacao-chocolat, les coquilles Saint-Jacques.

Contrôles des laits pour enfants et du chocolat

Les contaminations alarmantes des enfants en bas âge ont conduit l’Autorité sanitaire européenne à prendre de nouvelles mesures. A partir de 2015, les laits maternisés et laits de croissance sont soumis à des limites de teneur en cadmium. Les chocolat, cacao, poudre de cacao… qui entrent pour plus de 9% dans la contamination des enfants et adolescents… verront aussi leurs limites en cadmium abaissées. La nouvelle règlementation est imposée à partir de 2019 pour laisser aux industriels et pays producteurs le temps de s’adapter….

Bernard Duran

http://www.journaldelenvironnement.net
http://www.anses.fr


Le cadmium

Considéré comme plus toxique que le plomb, le cadmium s’accumule dans l’organisme tout au long de la vie, en particulier dans le foie et les reins. Il entraîne de graves troubles rénaux (néphropathie, insuffisances rénales…) et par contrecoup, d’éventuelles lésions osseuses (ostéoporose…). Le cadmium est classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le Cancer (CIRC).
Ce métal largement utilisé dans l’industrie (métallurgie, piles électriques, pigments de peintures) pollue l’environnement. La contamination au cadmium provient de divers aliments (fruits, légumes, céréales, coquillages, crustacées, abats…) mais aussi de la fumée de cigarette.
Selon les normes établies, la dose tolérable de cadmium est d’un microgramme par kilo et par jour. Après avoir atteint des valeurs inquiétantes à la fin des années quatre-vingt-dix, l’apport de cadmium moyen en France serait retombé au milieu des années 2000 à des niveaux acceptables, de l’ordre de 4 à 5 % de la dose tolérable. Ces données proviennent de l’Étude CALIPSO , Consommations Alimentaires de poissons et produits de la mer et Imprégnation aux éléments traces, PolluantS et Oméga-3 – réalisée de 2003 à 2006 par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) afin d’évaluer les apports en oméga-3 et en contaminants physicochimiques chez les personnes fortement consommatrices de produits de la mer.

observatoire-des-aliments

Commentaires

Articles les plus consultés