Skunk, la nouvelle arme de répression israélienne

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Engagée depuis le 8 juillet dans l’opération « Bordure protectrice », l’armée de défense d’Israël est régulièrement pointée du doigt alors que la majorité des morts à Gaza sont des civiles. Parfois qualifiée « d’armée la plus morale » au monde (Bernard-Henri Lévy en 2010 ou Meyer Habib, député UDI des français de l’étranger et ex-conseiller francophone de Benjamin Netanayahu il y a quelques jours), elle est désormais soupçonnée par des ONG d’utiliser des armes non conventionnelles. Obus à fléchettes, phosphore blanc ou bombes à sous-munitions, l’horreur ne semble plus avoir de limite sur le « front ». Et pourtant, Gaza n’est pas la seule zone concernée, la population palestinienne de Cisjordanie et notamment de Jérusalem Est est victime depuis quelques jours de « l’eau sale », une nouvelle arme de répression qui vise à empêcher la multiplication des manifestations contre l’opération armée. 

Alors que le bilan humain atteint maintenant les 1467 morts côté palestinien et 64 morts côté israélien, les manifestations d’opposition à l’opération « Bordure protectrice » se multiplient en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Le 25 juillet dernier, un jour de colère organisé en soutien aux ghazaouis faisait ainsi 5 morts, tous tués par balles. Pour faire face à ces heurts de plus en plus violents, les forces de sécurité israélienne ont décidé de faire usage d’une nouvelle arme utilisée pour la première fois en 2008 et baptisée « skunk ».

De quoi s’agit-il ? Un liquide à l’odeur pestilentielle qui imprègne tout et ne se dissipe qu’au bout de quelques jours. Sa composition reste secrète, mais la police israélienne assure qu’elle ne présente aucune toxicité pour l’Homme. Désormais, après chaque émeute, les forces de l’ordre utilisent un camion blanc pour y répandre cette eau sale sur les manifestants, les habitations et la végétation. « Imaginez la chose la plus immonde que vous ayez déjà sentie. Un mélange irrésistible de viande pourrie, de vieilles chaussettes qui n’ont pas été lavées depuis des semaines et l’odeur âcre d’un égout à ciel ouvert », décrivait ainsi en 2008 un correspondant de la BBC relayé par Le Monde. Si cette arme de répression massive est aujourd’hui décriée, c’est parce qu’elle agit comme une punition collective, touchant l’ensemble de la zone concernée par les épandages.

Le Monde rapporte le témoignage de plusieurs habitants qui vivent là où de l’eau sale a été répandue, ils dénoncent une humiliation. « Qui sommes-nous pour qu’on nous traite au moyen d’insecticides comme des rats ou des moustiques ? », s’indigne l’un d’eux « J’ai tout essayé pour faire partir cette odeur de ma maison, le savon liquide, le vinaigre, le chlore, rien à faire… » ajoute sa voisine, pour qui l’utilisation d’une telle arme en plein ramadan est cruelle. En étant vécue comme une punition collective, l’eau sale risque bien d’accroitre encore les tensions entre Palestiniens et Israélien, faisant craindre un embrasement dans d’autres zones que Gaza.

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