Le vinaigre des quatre voleurs

Un peu d’histoire

C’est lors de la grande peste qui eut lieu à Toulouse de 1628 à 1631, et qui fit plus de 50.000 vic­times, qu’on décou­vrit avec sur­prise 4 fief­fés voleurs qui prof­i­taient de l’épouvantable épidémie pour vis­iter les maisons aban­don­nées et con­t­a­m­inées, détrousser les cadavres et les mori­bonds, et ce, sans être le moins du monde inquiétés par le red­outable fléau.
Ainsi peut-​on lire dans les archives du Par­lement de Toulouse : «Qua­tre voleurs y furent con­va­in­cus, lors de l’ancienne grande peste, qu’ils alloient chez les pes­tiférés, les étran­gloient dans leur lit et après voloient leurs maisons. Ce pourquoy ils furent con­damnés à estre brûlés vifs et, pour qu’on leur adoucit la peine et éviter d’estre pen­dus, ils décou­vrirent leur secret».
Les 4 voleurs livrèrent la for­mule de leur vinai­gre (parue dans le Mer­cure de France de 1721), dont ils se frot­taient tout le corps et en répandaient autour d’eux avant de com­met­tre leurs méfaits.
Peste de Marseille 1720Mal­gré les nom­breuses vies qui furent sauvées par cette recette, les toulousins ne furent pas très recon­nais­sants envers les voleurs, et ceux-​ci furent pen­dus haut et court.
L’histoire se repro­duisit à Mar­seille en 1720 : d’autres voleurs durent livrer leur recette, qui fut partout affichée dans la ville et sauva de nom­breux de mar­seil­lais. Ceux-​ci furent plus hon­nêtes et accordèrent la vie sauve à leurs voleurs.
Plus tard, la recette fut améliorée par les phar­ma­co­logues (voir com­po­si­tion ci-​contre), ils y ajoutèrent notam­ment de l’ail (si cher aux Mar­seil­lais ;) et reconnu depuis l’antiquité pour ses ver­tus en cas d’épidémie (voir Galien, Paracelse).
«Ce vinai­gre est employé comme préser­vatif dans les mal­adies con­tagieuses. On s’en frotte les mains et le vis­age; on en brûle dans les apparte­ments, on en gar­nit des fla­cons pour aspirer dans la syn­cope.» Dic­tio­n­naire ency­clopédique des Sci­ences Médicales
Un peu plus tard encore, un célèbre vinaigrier-​distillateur, le sieur Antoine Maille, repris cette recette pour en faire un pro­duit d’épicerie, voici ce qu’il en disait :
antoine-maille«Le vinai­gre des 4 voleurs, tel qu’il fut com­posé par les médecins lors de la peste de Mar­seille, est un excel­lent préser­vatif con­tre tout air con­tagieux. Il faut en met­tre dans le creux de la main, échauf­fer la liqueur puis la respirer et s’en frot­ter les tem­pes. On peut en boire à jeun une cuillerée à café dans un verre lorsqu’on est obligé d’approcher les per­son­nes atteintes de mal­adies pesti­len­tielles. Ce vinai­gre est par­ti­c­ulière­ment recom­mandé con­tre les mal­adies des gens de mer, con­tre l’air infect et cor­rompu qu’on ne respire que trop sou­vent dans les vaisseaux.»
Ainsi, le secret du Vinai­gre des 4 Voleurs, après avoir été décou­vert à Toulouse, puis à Mar­seille, se répan­dit dans le monde entier.
S’il est aujourd’hui presque tombé en désué­tude, il est intéres­sant de redé­cou­vrir ces vieux remèdes qui, en de nom­breuses cir­con­stances, offrent une alter­na­tive naturelle aux traite­ments chimiques.

Appli­ca­tions : Mes expéri­ences avec le Vinai­gre des 4 Voleurs

Cela fait quelques années que j’ai inté­gré ce remède à ma phar­ma­cie famil­iale. La for­mule étant un petit peu com­plexe à réaliser, je me four­nis chez Flore de Sain­tonge, de plus il est réal­isé à base de vinai­gre de cidre et il est à ma con­nais­sance, le seul fab­ri­cant français. Je le com­mande directe­ment en VPC (cat­a­logue sur demande : Flore de Sain­tonge — 38, rue du moulin — 17470 La Villedieu).
Si, au fin fond de ma Provence, je ne crains pas la peste, cette pré­cieuse for­mule m’est utile dans de nom­breux maux du quo­ti­dien. D’un point de vue philosophique, poé­tique et dans sa vibra­tion spir­ituelle (pour ceux qui y croient), je le perçois comme un pro­tecteur, l’empreinte qu’il a laissé dans l’Histoire de la peste le mon­tre. J’en ai tou­jours à portée de main.
Ci-​après, une liste des sit­u­a­tions dans lesquelles le Vinai­gre des 4 Voleurs a pu s’avérer utile, basée sur mon expéri­ence per­son­nelle, famil­iale, et témoignages de mon entourage amical.

Acné : Un jeune ami, dont le vis­age était claffi d’acné : en quelques jours, en tapotant les bou­tons une fois par jour avec un mou­choir imbibé, ses bou­tons ont séché et dis­paru et sa peau est dev­enue magnifique.

Après-​rasage : dilué avec un peu d’eau, c’est un après-​rasage naturel qui dés­in­fecte, com­bat d’éventuelles inflam­ma­tions et rafraî­chit. Ensuite met­tre une petite pro­tec­tion grasse (jamais d’alcool qui est destruc­teur de vie).

Bron­chite : En cat­a­plasme dilué, très chaud (à la lim­ite du sup­port­able) posé sur les bronches; en inhalation.

Dent, caries, muqueuse buc­cale : En brossage, il peut calmer rapi­de­ment une carie. Cela n’empèche pas de pren­dre rendez-​vous avec un den­tiste, mais cela per­met de gérer une rage de dents.

Dés­in­fec­tant : Je l’utilise pour dés­in­fecter de petites plaies ou pour net­toyer mon matériel quand je pré­pare mes philtres.

Eczéma : sur un toutou qui fai­sait un eczéma sur le bas du dos jusqu’à la base de la queue. Appli­ca­tion de vinai­gre des 4 voleurs et d’eau mélangés à parts égales. Le deux­ième jour, eczéma dou­ble qua­si­ment de vol­ume, mais la cure con­tinue et au qua­trième jour, l’eczéma était tout séché et n’a jamais reparu.
Ce cas était spec­tac­u­laire et la rémis­sion totale et défini­tive. Mais en cas d’eczéma, comme dans de nom­breuse mal­adies, il ne faut pas se lim­iter à soigner le symp­tôme et tou­jours chercher l’origine de la mal­adie si l’on veut éradi­quer le mal de façon défini­tive. S’il s’agit de sur­charge tox­inique, il faut adapter le régime ali­men­taire, boire des tisanes dépu­ra­tives, faire de l’exercie, etc…

Muqueuses : Je l’ai testé sur des sinus enflam­més par une sinusite allergique (voir plus bas) et égale­ment au niveau des muqueuses sex­uelles : dilué et sur un gant pour laver les par­ties intimes, et aussi pour soulager une ovaire frag­ile: en com­presse très chaude sur le ven­tre. La sen­sa­tion de soulage­ment fut immé­di­ate et durable.

Par­a­sites : Poux, gale, mous­tiques, puces…
Je l’ai testé con­tre les poux (en fric­tion du cuir chevelu après le sham­poo­ing (sans rinçage après). Il élim­ine même les lentes et n’agresse pas le cuir chevelu, voire même le ren­force.
Testé aussi con­tre les puces de mes toutous (en fric­tion). Tous les toutous ont été débar­rassés de leurs par­a­sites. Une excep­tion cepen­dant, l’un d’eux a con­servé ses puces et j’ai dû avoir recours à un col­lier. Mais tous les autres : 5 chi­huahuas (4 chiots de 15 jours et leur maman), ont été débar­rassés de leurs puces pen­dant tout l’été.
Un ami m’a égale­ment raconté qu’il l’utilisait sur les plantes con­tre les pucerons : dilué et vapor­isé sous les feuilles.

Peau: En fric­tion pour l’entretien de la peau, il net­toie et dés­in­cruste. Il sem­ble avoir un effet sur nom­bre de prob­lèmes de peau, petits bou­tons : her­pès, etc… Cha­touille, gra­touille… C’est un anti-​démangeaisons extraordinaire.

Piqûres d’insectes : En com­presse sur une piqure d’araignée qui ne dis­parais­sait pas et con­tin­u­ait de me démanger depuis une semaine, en une appli­ca­tion, le venin fut neutralisé.

Poils, cheveux : Pour les toutous comme pour leurs bipèdes, un peu de ce vinai­gre, dilué dans de l’eau (en rinçage après le sham­poo­ing), fait le poil et la chevelure bril­lants et faciles à coiffer.

Rafraîchissant : Pour se rafraîchir pen­dant les grandes chaleurs, on peut se fric­tion­ner avec un gant de toi­lette humid­i­fié avec de l’eau et du vinaire des 4 voleurs. Ca revigore!

Sinusite : lors d’une grosse crise d’allergie due à l’armoise, j’ai appliqué un mou­choir imbibé sur le front, au niveau des sinus, et l’un de mes sinus s’est imé­di­ate­ment débouché. Cela fonc­tionne aussi en inhalations.

Tran­spi­ra­tion : Sous les ais­selles, dilué à 50% avec de l’eau, il régule la transpiration.

Util­i­sa­tion : En fric­tion, en com­presse, en cat­a­plasme, en gar­garisme, en lotion, en ingestion
Voici quelques-uns des bien­faits que j’ai pu con­stater avec ce fameux vinai­gre. Et je suis sûre qu’il en existe bien d’autres.
Ah! si seule­ment la recherche médi­cale n’était pas cap­tive des griffes de la finance, et que les sci­en­tifiques se pen­chaient enfin sur les médecines naturelles, que de fab­uleuses décou­vertes ne feraient-​ils pas !
  • 10g Camphre naturel
Mettre le tout dans un récipient durant 10 jours. Le 11ème jour, filtrer et ajouter 10g de camphre. Bien mélanger. Embouteiller et conserver au frais, à l'abri de la lumière.

Ses utilisations :
Elles sont multiples mais on notera...
* En lotion tonique ou capillaire, désinfection des plaies, piqures, élimination des poux, irritations diverses.
* En usage interne dilué avec de l'eau, en inhalation.
* En vaporisation pour désinfecter l'air ambiant. Pour désinfecter les objets.


Vinai­gre des 4 voleurs

for­mule parue au Codex de 1758 sous le nom d’Acetum Anti­sep­ticum Vulgo des Qua­tre Voleurs
Grande absinthe — 40g
Petite absinthe — 40g
Romarin — 40g
Sauge — 40g
Men­the — 5g
Rue — 5g
Lavande — 5g
Cala­mus aro­mati­cus — 5g
Can­nelle — 5 g
Girofle — 5g
Mus­cade — 10g
Ail — 5g
Cam­phre — 10g
Acide acé­tique 40g
Vinai­gre blanc — 2500g
Faites macérer 10 jours les sub­stances dans le vinai­gre; passez avec expres­sion; ajouter le cam­phre dis­sout dans l’acide acé­tique; filtrez.


For­mule de Marseille
Fort vinai­gre de vin blanc — 3 pintes            1 once= 28,35 grammes
Absyn­the — 1 poignée
Reine des prés — 1 poignée
Mar­jo­laine sauvage — 1 poignée
Sauge — 1 poignée
Clous de girofle — 50 clous
Racine de nulla-​campana — 2 onces
Angélique — 2 onces
Romarin — 2 onces
Mar­rube — 2 onces
Cam­phre — 3 grains


For­mule de Toulouse
Il faut met­tre dans 8 livres de bon vinai­gre une poignée de cha­cune des herbes suivantes :

Rue, men­the, petite absinthe et lavande; on peut y rajouter si l’on veut une poignée de thym et une de graines de genièvre.

Faire infuser le tout pen­dant 8 jours dans un pot de terre vernissée sur des cen­dres chaudes, après couler le tout en exp­ri­mant les herbes; y faire fon­dre une once de cam­phre et con­server ce vinai­gre dans des bouteilles bien bouchées.


Aver­tisse­ment

Les effets des plantes ne sont pas anodins. Cer­taines plantes ou par­ties de plantes sont tox­iques. Pour toute util­i­sa­tion thérapeu­tique, deman­dez l’avis de votre phar­ma­cien ou phy­tothérapeute.

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