Comment briser l’argumentaire anti-grève en six exemples



Les grévistes prennent les gens en otage, pour leur intérêt égoïste qui conduit à la ruine de la France : tel est le concentré de l’argumentaire des opposants aux mobilisations sociales, qui s’éveillent au moment où la pénurie de gazole s’étend sur l’hexagone. Attaqués dans leur intérêt propre, alors qu’ils n’ont « rien demandé », les automobilistes crient au scandale alors même qu’ils sont une majorité à s’opposer à la loi travail, à l’origine des troubles. A leur argumentaire, préconçu par les médias dominants, nous devons opposer une analyse de fond capable de répondre aux interrogations et aux mécontentements.


Au travail, entre amis ou en famille, il peut être difficile d’assumer d’être gréviste et de soutenir le mouvement social, à l’heure où la mobilisation dans les raffineries et dépôts de gazole entraîne une pénurie d’essence qui affecte tous les automobilistes. Les mêmes phrases, prémâchées par les médias dominants, reviennent en boucle pour attaquer la légitimité des salariés en grève. Voici quelques éléments de réponse à apporter lors des discussions animées.

« Les grévistes prennent les gens en otage »

1891_-_Grève_des_transportsLa formule, relativement récente dans l’Histoire contemporaine de la France, est diffusée par les médias de masse, à longueur de journée de grève, à destination de leurs lecteurs, auditeurs ou spectateurs qui la reprennent telle quelle. Il s’agit d’une expression « choc », pour marquer les esprits et représenter le mécontentement de ceux qui subissent les grèves, usagers de transports ou automobilistes sans essence. Utilisée de façon répétitive, elle entraîne davantage d’impatiences, voire de tensions, entre le public bloqué par les grèves et ceux qui mènent ces dernières.
Six mois après les attentats de Paris, survenus le 13 novembre dernier, il est nécessaire de mettre en pièces une formule des plus injurieuses, autant pour les grévistes que pour les otages réels. Les désagréments subis par les grèves n’ont strictement rien à voir avec une situation de prise d’otage, où les victimes sont mises en joue par des tueurs professionnels et n’ont aucune possibilité de mouvement, au risque de perdre la vie. Ce n’est pas drôle d’attendre plusieurs heures son transport en commun ou de se retrouver sans gazole, avec le risque de ne pas pouvoir se rendre au travail et d’en être pénalisé – plus ou moins lourdement – par son employeur. Pour autant, cela ne justifie en aucun cas le trait d’égalité formulé par les médias dominants entre les victimes du terrorisme et les personnes contraintes par un mouvement social. Dans un pays qui a récemment été le théâtre d’actes meurtriers, organisés par des mouvances extrémistes, il est indigne qu’une telle expression demeure dans le langage journalistique à la mode ; elle doit atterrir dans les poubelles de l’Histoire pour cesser la confusion dangereuse qui lui est liée.

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