Voici à quoi ressemble l'Internet d'un hyper prudent


Code binaire. Geralt License by
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Internet, ce vaste monde, dont l'utilisateur moyen –vous et moi– se sert beaucoup mais auquel il ne comprend pas grand chose. Monsieur tout-le-monde achète, c'est un exemple, son ordinateur à la Fnac, utilise Windows, SFR, Facebook et laisse traîner des cookies espions derrière lui. Ah! cible parfaite du tracking, cette méthode commerciale qui vise à connaître les goûts d'une personne connectée pour mieux lui adresser des publicités personnalisées sur ses différentes pages de navigation. L'internaute insouciant protège son ordinateur par un code de quelques caractères et ses conversations privées sont entre les mains de Gmail.
Aeris –c'est un pseudo– surfe loin de ce modèle de candeur. Ce Parisien de 30 ans est ingénieur en développement logiciel dans l’industrie (aéronautique, ferroviaire, militaire…), ce qui implique qu'il soit habilité Confidentiel Défense.
À titre personnel, il participe au projet NSA-observer, un site recensant les documents livrés par Edward Snowden pour décrypter les programmes de surveillance des services de renseignements américains. Souriant et engageant, Aeris n'est pas vraiment l'image d'Épinal du paranoïaque. Mais les sujets sensibles qu'il traite l'invitent à un niveau de prudence que nous autres, citoyens lambda, n'avons pas forcément besoin d'atteindre au quotidien. Pourtant, sa façon d'utiliser le réseau est instructive à plus d'un titre.

1.Ordinateur et système d'exploitation maisonPC vide, Linux

Commençons par le début. Quand Aeris achète un ordinateur, il se procure une machine vide. Sans rien. C'est lui qui installe le disque dur, la carte mère et le reste des composants. Il se protège ainsi des potentiels logiciels espions implantés dans les machines, comme le cas du constructeur Lenovo dont nous vous parlions il y a quelques mois.
Ensuite bien sûr, c'est au tour des logiciels. Le do it yourself, «c'est fun», dit-il dans un sourire, mais ça lui permet surtout de savoir ce qu'il y a dans son PC.
Ah oui, parce qu'il achète un PC. C'est plus commode qu'un Mac pour installer Linux. Et comme tous les geeks qui se respectent, Linux est son système d'exploitation. Rien à voir avec un effet de mode ou de distinction. C'est un logiciel libre et coopératif, ce qui veut dire que son code source, son ADN en quelque sorte, est ouvert. Il est visible et améliorable par tout le monde: une garantie de fiabilité, selon lui. Comme une maison dont on pourrait regarder les plans pour s'assurer qu'il n'y a pas de cachette ni de caméra indiscrète. «On est jamais sûrs à 100%, mais on a confiance, explique le spécialiste. Parce que s'il y avait une faille, quelqu'un l'aurait repérée, ça se saurait.»
En revanche derrière Windows et MacOS, qui sont des logiciels dit propriétaires, personne, en dehors des informaticiens qui les conçoivent, ne sait de quoi est composé le code source.
Les fondations sont posées. Maintenant, place aux verrous.

2.Trois codes, dont un faux pour tout détruire

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